February 2, 2026

ENTRETIEN. "Non, Shein ne s’implantera pas chez nous", indique le nouveau directeur des Galeries Lafayette de Toulouse

l’essentiel
Karl Cauquais succède à Claude Levêque à la tête des Galeries Lafayette de Toulouse. Il

À tout juste 40 ans, vous prenez les rênes d’un des plus grands et emblématiques magasins de Toulouse. Quelles ont été vos motivations ?
C’est d’accompagner le groupe des Galeries Lafayette dans son rayonnement régional. Toulouse est une ville de cœur que j’ai découverte lors de ma première nomination à Agen, en 2017, mon premier magasin en tant que directeur. En tant qu’Agenais, on est divisés entre la team bordelaise et la team toulousaine, et je suis tombé amoureux de Toulouse. Je passais tous mes week-ends dans cette ville et je rêvais déjà, à l’époque, de pouvoir un jour y travailler.

Quelles sont vos ambitions pour ce magasin ?
Son maintien dans le top trois des magasins régionaux. Aujourd’hui, la troisième marche du podium se joue entre Bordeaux, Toulouse et Strasbourg. Toulouse est passée derrière Bordeaux avec l’ouverture des dimanches. Mon ambition, c’est de repasser devant Bordeaux, un peu comme au rugby : on veut faire gagner son équipe. Mon envie, c’est de redonner à ce magasin la place qu’il mérite, en développant le chiffre d’affaires et en accompagnant nos clients. Nous avons toutes les capacités pour atteindre la troisième place.

Quel est votre parcours ?
J’ai fait l’École supérieure de commerce de Rouen, ma ville natale. Ensuite, j’ai travaillé en Normandie comme attaché de direction dans l’entreprise But. Après quatre ou cinq ans, je suis devenu directeur de magasin. J’ai ensuite rejoint le groupe des Galeries Lafayette en 2014, à Angoulême, comme responsable de département junior. J’ai évolué dans plusieurs magasins, notamment en région parisienne, à Plaisir, dans les Yvelines, où j’ai été directeur adjoint puis directeur du premier outlet.

Et après ?
Je suis parti à Paris, quelques mois sur le flagship de Montparnasse, avant de prendre la direction du magasin d’Agen. J’y suis resté trois ans, dont une année à accompagner l’affiliation avec le groupe Hermione, tout en gérant le magasin de Montauban. Ensuite, j’ai découvert Toulouse, ce qui a conforté mon attachement à cette ville, avant de prendre la direction du magasin de Biarritz. Je suis resté trois ans à Biarritz, tout en dirigeant le magasin de Pau, puis j’ai pris la direction du flagship des Champs-Élysées à Paris, où je suis actuellement.

À Toulouse, vous allez succéder à Claude Levêque, qui a 40 ans de Galeries Lafayette, dont cinq à Toulouse. Comment s’est faite la passation ?
Claude est un exemple pour moi, il y a une vraie complicité entre nous : nous partageons la même vision de l’accompagnement des équipes. J’avais besoin de sa connaissance du marché toulousain et de son réseau. Il m’a présenté les acteurs principaux du centre-ville avec beaucoup de transparence.

Quelle est la particularité du marché toulousain ?
Toulouse est une ville étudiante, avec ses spécificités de transport et de stationnement. C’est une ville au rayonnement régional fort. Grâce à Claude, j’ai pu mieux comprendre la métropole et sa dynamique, ce qui me permet d’avoir déjà un plan d’action en tête.

Pouvez-vous donner des exemples concrets de ce plan d’action ?
Sans entrer dans le détail, il est essentiel d’être dans le quotidien des Toulousains. Le grand magasin doit vivre au rythme de la ville. Nous devons être proches des étudiants, leur offrir des opportunités d’emploi, de stage, participer à leurs événements. Le deuxième levier, c’est le culturel. Le rugby est incontournable ici. Nous devons être proches des clubs et des supporters.

Comment gère-t-on un magasin avec 150 employés et 200 démonstrateurs ?
Nous avons des responsables à chaque niveau du magasin. La proximité est essentielle : saluer les équipes, écouter leurs retours. Le directeur doit être au service de ses équipes, comme elles le sont pour les clients. La priorité, c’est le client, et tout repose sur l’écoute et le service.

Les Galeries Lafayette sont un magasin multimarques. Est-ce qu’une marque comme Shein pourrait s’y implanter ?
Non. Comme l’a déjà précisé notre CEO, Shein ne s’implantera pas chez nous. C’est une marque qui ne correspond pas à nos valeurs humaines et commerciales.

Comment faites-vous face à la concurrence de la vente en ligne ?
Nous misons sur la relation client et l’expérience en magasin : des opérations commerciales, culturelles, des événements comme des défilés, par exemple. L’idée, c’est de faire vivre une expérience que l’achat en ligne ne peut pas offrir.

Envisagez-vous des corners avec des marques locales ?
J’ai déjà mis cela en place à Biarritz. Mettre en avant les talents régionaux fait partie du rôle d’un grand magasin. Pour Toulouse, il faudra voir selon les espaces disponibles, mais c’est un projet qui me tient à cœur.

« Ma Biche sur le Toit », le café au dernier étage, est-ce un atout ?
Oui, c’est un atout majeur. Un grand magasin, ce n’est pas que des vêtements : c’est aussi des services, dont la restauration. Nous avons la chance d’avoir le plus beau rooftop de Toulouse, le plus haut aussi, il me semble. C’est un élément fort de l’expérience client.

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