February 3, 2026

"Tôt ou tard elle va tomber" : sa voiture est suspendue dans le vide après l’effondrement d’une falaise

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Après une violente tempête, une partie de la falaise de Niscemi, en Sicile, s’est effondrée, forçant des habitants à évacuer en urgence et laissant des maisons suspendues au-dessus du vide.

Dans la commune de Niscemi, en Sicile (Italie), une falaise s’est effondrée sur près de quatre kilomètres pendant une tempête le dimanche 25 janvier. Plusieurs maisons se sont retrouvées au bord du précipice et ont contraint les habitants à quitter précipitamment leur domicile. C’est le cas de Marcello Di Martino, géomètre municipal et retraité de 84 ans, qui voit depuis la catastrophe sa Ford Fiesta tous les jours suspendue dans le vide, raconte le Corriere Della Serra.

“Elle était garée dans mon garage, auquel on accède par la route panoramique Via Angelo d’Arrigo, qui s’est effondrée, emportant la moitié du garage. C’est une 1,4 L diesel, je ne l’utilisais que pour les longs trajets”, raconte-t-il. Ce jour-là Marcello vient de finir de déjeuner, il est 14 heures lorsqu’un voisin frappe à la porte pour lui dire de sortir à cause d’un glissement de terrain.

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“Ça sentait mauvais”

“Mon premier réflexe a été de prendre ma femme, qui était paralysée. J’ai aussi pris quelques couvertures et tout ce que j’ai pu trouver. Avant de partir, j’ai coupé le gaz et l’électricité par précaution ; ça sentait mauvais. J’ai regardé vers la route et j’ai compris que quelque chose n’allait pas. J’ai alors aperçu une fissure, et c’est là que nous sommes partis”, explique-t-il. Avant l’effondrement, une route longeait les maisons. Après, elle a tout simplement disparu tandis que sur d’autres tronçons, elle semble intacte comme posée sur la terre.

Mais pour ce qui est de la voiture de Marcello, symbole de la catastrophe, il semble impossible qu’il puisse la récupérer un jour. “Tôt ou tard, elle aussi va tomber. Chaque fois que je la vois à la télé, j’ai la gorge serrée. Elle a passé 24 ans avec nous. Je suis allé à l’assurance pour voir s’ils pouvaient suspendre le contrat, qui expire en août. Ils m’ont dit qu’il leur fallait les documents. Mais comment les récupérer ?”, s’interroge-t-il.

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Toute la ville est menacée

L’Italie a décrété l’état d’urgence en Sicile, en Sardaigne et en Calabre, également touchées par la tempête. “La situation est critique”, a déclaré à la presse locale Massimiliano Conti, le maire de Niscemi, où vivent plus de 27 000 habitants à une trentaine de kilomètres de la mer. Une vaste zone rouge a été instaurée autour des secteurs les plus instables : son périmètre est passé mardi de 100 à 150 mètres, interdisant tout accès aux habitants, y compris pour récupérer des effets personnels.

Pour les scientifiques, le danger est majeur. “La ville risque d’être engloutie, toute la colline est en train de glisser vers la plaine de Gela”, a alerté mardi le professeur Nicola Casagli, de l’université de Florence, dans les colonnes de La Stampa. Un premier glissement de terrain avait déjà été observé le 16 janvier, rappelle Il Giornale di Sicilia. Le site est connu pour sa fragilité : en octobre 1997, de larges pans de falaise s’étaient effondrés. À l’époque, un agriculteur avait raconté avoir vu “la terre se soulever” et des “oliviers se déraciner”.

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1,5 milliard d’euros de dégâts

L’ampleur des dégâts inquiète les autorités. Le président de la région Sicile, Renato Schifani, a estimé que le coût total des dommages directs et indirects causés par les intempéries, y compris à Niscemi, dépassait 1,5 milliard d’euros. Réuni en conseil des ministres, le gouvernement italien a annoncé le déblocage de 100 millions d’euros pour les “premières interventions d’urgence”, a indiqué la Première ministre Giorgia Meloni sur les réseaux sociaux.

En France, plusieurs effondrements ou glissements de terrain ont déjà eu lieu. Le jeudi 15 janvier, une portion de la route de la Corniche entre Ciboure et Hendaye avait été fermée à cause d’un glissement de falaise. Sur les côtes, 126 communes sont très menacées par l’érosion, et les mouvements de terrain touchent 55 % des communes selon un rapport des services de l’État.

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