February 2, 2026

De la plaque tournante pour camions aux 150 mannequins de l’atelier : plongée dans les réserves secrètes des Galeries Lafayette de Toulouse

l’essentiel
Plongée dans les coulisses des Galeries Lafayette de Toulouse qui révèlent une organisation complexe et minutieuse. Un changement de direction vise à dynamiser cette institution sans céder à la fast fashion.

Avec leurs dix escalators et leurs rayons débordant de sacs, bijoux et vêtements, les Galeries Lafayette de Toulouse offrent une image familière aux milliers de clients qui les fréquentent chaque jour. Pourtant, derrière cette façade élégante, le grand magasin cache un autre visage, bien moins connu : celui de ses coulisses. Un univers souterrain et discret, de 4 500 m², indispensable au bon fonctionnement de cette institution commerciale installée en plein cœur de la Ville rose, au 4-8 rue Lapeyrouse, depuis 1962.

Pour y accéder, direction le dernier sous-sol, au niveau – 3. Dans ce dédale de couloirs, des chariots circulent sans relâche. C’est ici, ainsi qu’au – 2, que se trouvent l’essentiel des réserves des différentes marques, aménagées progressivement dans un ancien parking.

Des escaliers qui tournicotent mènent dans les sous-sols des Galeries Lafayette.
Des escaliers qui tournicotent mènent dans les sous-sols des Galeries Lafayette.
DDM, – Marc Salvet

Elles habillent les mannequins

Toujours au – 3, le quai de livraison impressionne par sa plaque tournante, un dispositif rare qui permet aux camions de 20 m³ de repartir après déchargement sans manœuvre complexe. Derrière une loge vitrée, le chef de quai orchestre les arrivées : trois à quatre camions le matin, un autre l’après-midi. Dès 7 h 30, les équipes sont à pied d’œuvre pour acheminer la marchandise dans les étages qui n’ouvrent qu’à 10 heures. Un défi de taille quand on sait que sur ces espaces, la vente occupe 80 % de la surface totale, contre seulement 10 % dédiés au stockage. “Aussi certains clients s’étonnent parfois du temps d’attente pour obtenir un article. Mais quand leur stand est au quatrième étage et la réserve au niveau – 3, le vendeur doit parcourir sept étages”, décrypte Xiaotian Xiong, responsable marketing.

Cap à présent vers le niveau – 2 où l’ambiance change radicalement dans le local du service Visual Merchandising, véritable laboratoire de création. Ici, portants de vêtements, mannequins et tables de travail composent cette “caverne d’Ali Baba” où naissent les vitrines et les parcours clients. Dominique, responsable du service, et son équipe y préparent les collections et habillent près de 150 mannequins. “Même avec une charte commune pour l’ensemble du groupe, nous décidons ici des looks spécifiques au magasin de Toulouse”, explique-t-elle.

Les Galeries Lafayette ont aménagé au 4-8 rue Lapeyrouse en 1962.
Les Galeries Lafayette ont aménagé au 4-8 rue Lapeyrouse en 1962.
DDM, – Marc Salvet

Jusqu’à 20 000 visiteurs par jour

Au-delà de cette infrastructure réglée comme du papier à musique, le fonctionnement de ce “village dans la ville” repose sur une main-d’œuvre dense avec 150 salariés de l’enseigne, auxquels s’ajoutent 250 démonstrateurs employés par les marques, qui elles avoisinent les 2 000, réparties sur une surface commerciale de 10 km². Dans cette fourmilière, vendeurs identifiables à leur tenue noire et travailleurs de l’ombre œuvrent du matin au soir. Selon les données de fréquentation, entre 6 000 et 8 000 visiteurs franchissent les portes des Galeries Lafayette lors d’un lundi calme, contre 15 000 à 20 000 lors des pics du week-end.

Des réserves jusqu’au rooftop, où trône le bar-restaurant Ma Biche sur le Toit, (soit dix étages) les coulisses des Galeries Lafayette sont l’illustration d’une organisation millimétrée. Une dynamique portée, dès ce 2 février, par un changement de direction : Karl Cauquais succède à Claude Levêque à la tête du magasin. Objectif affiché : insuffler un nouvel élan tout en consolidant l’existant, sans jamais céder aux sirènes de la fast fashion.

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