Avec un volume de vente qui baisse et un chiffre d’affaires qui a diminué de 12 %, les producteurs et distributeurs de tequila fustigent les conséquences d’une atmosphère “très délicate”.
Les ventes de tequila en chute libre à cause de la police migratoire de l’administration Trump ? D’après le Financial Times, le plus grand producteur au monde affirme que l’anxiété et l’insécurité ressenties par les consommateurs hispaniques vis-à-vis de la politique anti-immigration des États-Unis pèsent sur leurs ventes.
“Les tensions liées aux politiques d’immigration ont créé un climat très difficile avec les consommateurs, en particulier avec les immigrants, les Hispaniques, [qui] constituent évidemment une part importante de notre activité”, a ainsi lancé Lander Otegui, responsable marketing chez Proximo Spirits, distributeur principal de Jose Cuervo, la marque de tequila la plus vendue au monde.
Un contexte difficile
Lander Otegui constate que depuis l’intensification de la lutte contre l’immigration et les récents raids menés dans des États comme le Michigan et le Minnesota, les immigrants hispaniques choisissaient de rester chez eux. “Les consommateurs ont peur, même si c’est légal. Ils ont peur d’avoir des ennuis… Du coup, ils n’osent plus aller au restaurant ni dans les bars.”
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Entre juin et septembre 2025, le volume de tequila Becle vendu aux États-Unis et au Canada a diminué de 6,4 % par rapport à l’année précédente, et le chiffre d’affaires a chuté de 12,2 %. Le responsable marketing de Proximo Spirits explique que certains consommateurs avaient peur d’aller faire leurs courses depuis que les agents de l’ICE ont décidé de cibler les supermarchés fréquentés par les consommateurs hispaniques.
“L’atmosphère générale est très tendue en ce moment, et les tensions sont palpables. Du coup, les gens se disent : “Je préfère rester chez moi”. Et quand on reste chez soi, on a tendance à moins consommer”, poursuit Otegui.
Un défi de taille
“75 % des consommateurs hispaniques sont très préoccupés par l’environnement socio-économique et ils font beaucoup plus attention à leurs dépenses, dépensant beaucoup plus pour ce que l’on appelle les biens de consommation essentiels par rapport à d’autres catégories”, explique Bill Newlands, directeur général de Constellation Brands, un producteur et vendeur de bière. Il complète : “On observe une grande volatilité d’un État à l’autre en fonction de la politique d’immigration en vigueur sur chaque marché”.
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