Le conseil des Prud’hommes du Gers entame une nouvelle mandature sous la présidence de Jérôme Mahé. Face à une hausse constante des saisines depuis plusieurs années, l’institution veut rester vigilante.
La rentrée solennelle du conseil des Prud’hommes du Gers avait un caractère particulier ce jeudi 29 janvier. Elle a été marquée par l’échange de médailles symbolisant le passage de relais entre Éric Peral et Jérôme Mahé, désormais respectivement vice-président et président.
Une nouvelle mandature pour quatre ans
L’année 2026 s’ouvre, pour le conseil des Prud’hommes d’Auch, avec une nouvelle mandature pour les quatre prochaines années. La règle de l’alternance veut que la présidence de l’institution revienne, cette année, au collège employeur. C’est donc Jérôme Mahé qui a été élu président. Il succède à Eric Peral, lui élu à la vice-présidence.

Une dizaine de nouveaux conseillers prud’homaux ont également prêté serment mi-janvier. “En acceptant le mandat, vous vous êtes engagés à vous mettre au service de la justice, au service des justiciables qui attendent de nous d’être jugés équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable”, a rappelé Jérôme Mahé, avant d’ajouter. “Je voudrais terminer en affirmant que le mandat de conseiller aux Prud’hommes est passionnant, riche d’une histoire, d’un héritage toujours d’actualité et auquel nous sommes toujours attachés, justiciables, conseillers, professionnels du droit, sans oublier les organisations syndicales et patronales.”
Hausse des saisines
Après plusieurs années de baisse, les saisines du conseil des Prud’hommes sont en hausse constante depuis 2023 dans le Gers. Un peu moins marquée que les années précédentes, l’année 2025 a connu une augmentation du nombre de saisines de l’ordre de 5 %. “Il faut retenir que quand en 2022, le conseil avait connu 97 saisines, en 2025, il a été saisi de 162 affaires”, note Clémence Meyer, la procureure de la République. “L’augmentation en trois ans est considérable. Il s’agit d’une tendance à laquelle il faut rester attentif.”
Avec des délais de jugement qui s’établissent autour de 5 mois, le Gers fait mieux que la moyenne nationale. De même, seulement 17 décisions ont fait l’objet d’un appel.

Enfin, entre 2024 et 2025, le nombre de ruptures conventionnelles est passé de 1156 à 1244. “Après quelques années de baisse, ces chiffres laissent penser à une dégradation des relations dans le monde du travail et nous appelons à une grande vigilance,” indique Éric Peral, ancien président et nouveau vice-président du conseil des Prud’hommes.
Des poursuites pénales plus fréquentes
Lors de cette rentrée solennelle, le parquet a réitéré son engagement pour lutter contre toutes les formes de délinquance. “Trop de salariés ne sont pas déclarés ou travaillent dans des conditions qui mettent en danger leur santé et leur sécurité, estime la procureure. Ces situations entraînent absence de protection des salariés, manque à gagner pour les organismes de protection sociale, coût pour la collectivité et rupture d’égalité entre les employeurs qui s’astreignent à respecter les règles et ceux qui s’en affranchissent.”
Travail dissimulé, prêt illicite de main-d’œuvre ou encore manquement aux règles de sécurité… Depuis 2024, une politique pénale plus volontariste a donc été mise en œuvre pour répondre à davantage d’infractions au droit pénal du travail. “Nous voulons envoyer un message clair face à ces comportements.”

