Sur le plateau du Pech d’Angely, la future usine d’infiltration de Cahors prend forme. Un équipement à plus de 20 millions d’euros qui doit garantir, d’ici 2026, une eau potable en toutes circonstances pour un quart des Lotois.
Dominant Cahors depuis le plateau du Pech d’Angely, le chantier de la future usine d’ultrafiltration avance à grands pas. À l’endroit même qui surplombe la fontaine des Chartreux, la ressource qui alimente un quart des habitants du Lot, le bâtiment sort désormais nettement de terre. Sa mise en service est prévue pour l’automne 2026 et doit permettre de traiter l’eau lors des épisodes de forte turbidité, ces moments où la ressource devient trop trouble pour être consommée.

Vendredi 28 novembre, élus et partenaires étaient invités à arpenter ce chantier estimé à 20 millions d’euros, porté par le Grand Cahors. Depuis la première pierre posée en octobre 2024, les travaux n’ont pas chômé : le génie civil est achevé, deux vastes cuves de 1 000 m³ ont été coulées, et une grande partie des conduites est désormais installée, certaines même posées par hélicoptère, tant le relief complique l’opération.
“Une à trois fois par an, l’eau devenait impropre à la consommation”
Sur place, le maire de Cahors, Jean-Luc Marx, mesure le chemin parcouru : “Il y a quatorze mois, il n’y avait ici qu’un simple plateau. Aujourd’hui, nous sommes dans les délais. Les travaux s’achèveront au printemps, puis trois mois d’essais permettront une mise en service à la rentrée”, détaille-t-il. Le financement, très majoritairement assuré par des partenaires extérieurs, repose en grande partie sur l’Agence de l’eau. Le Quercy Blanc apporte 3,5 millions d’euros, le Département 1,6 million. Le Grand Cahors conservera 36 % à sa charge.
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L’eau continuera de jaillir de la fontaine des Chartreux, avant de remonter vers l’unité de filtration, puis d’être redistribuée vers Cahors et les communes du Quercy Blanc. Ce secteur achète chaque année près d’un million de m³ qui peuvent être acheminés jusqu’aux portes du Tarn-et-Garonne. L’usine, elle, fera passer l’eau dans une grille métallique puis à travers des membranes d’ultrafiltration, capables de retenir particules et micro-organismes.

Pour l’édile, l’enjeu est clair : “Une à trois fois par an, l’eau devenait impropre à la consommation. Nous devions ouvrir huit points de distribution de bouteilles. Cette usine mettra fin à ces situations. Elle n’utilise pas de produits chimiques, seulement des filtres extrêmement fins, 800 fois plus qu’un cheveu.” Ces épisodes étaient liés aux fortes pluies après de longues sécheresses, qui entraînent débris et sédiments dans la source. “L’eau devient trouble, elle peut masquer des bactéries, et on doit suspendre la potabilité.”
” Les tuyaux existaient déjà, ils avaient simplement été masqués par la végétation”
La capacité de traitement pourra grimper jusqu’à 23 000 m³ par jour, notamment lors des fortes demandes estivales. Une évolution nécessaire, même si les usages évoluent. Sur le Quercy Blanc, la tendance est même à la baisse. Reste un point esthétique régulièrement soulevé : les tuyaux visibles sur la falaise, dans le périmètre UNESCO. Le maire se veut rassurant, “Tout est validé par l’État et par la DRAC. Les tuyaux existaient déjà, ils avaient simplement été masqués par la végétation. Celle-ci repoussera.”
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Si le projet a un coût, l’élu insiste : “Nous garantissons une ressource de qualité, durable, et issue d’une source dont nous n’exploitons qu’une petite partie.” À quelques mois de la mise en service, Cahors continue ainsi de sécuriser l’une de ses richesses les plus précieuses, l’eau qui coule au pied de la ville.

