Dans le cadre de sa vaste offensive contre l’immigration, Donald Trump a fait de la communauté somalienne l’une de ses principales cibles. En cause notamment, un important scandale de fraude aux aides publiques à Minneapolis.
Depuis plusieurs mois, Donald Trump ne mâche pas ses mots envers la Somalie et sa diaspora. Qualifiés de “bandits”, “de gens à faible QI” ou encore “de pirates”, le président américain ne cache plus son hostilité envers ce pays et ses ressortissants lorsqu’il s’agit d’immigration. Au début du mois de décembre 2025, il avait traité les Somaliens de “déchets” venant “d’un pays pourri” où les gens “ne font que s’entretuer”.
Dans la foulée de ces déclarations, le président était passé à l’action. L’aide humanitaire à la Somalie avait été suspendue et les frappes américaines s’y étaient intensifiées. Depuis son retour au pouvoir, plus de 125 bombardements ont été menés, un chiffre supérieur à celui enregistré sous ses prédécesseurs. En ce début d’année 2026, les opérations contre l’État islamique se poursuivent en Somalie, avec 23 frappes sur le mois de janvier.
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Une affaire de fraude au Minnesota
Alors pourquoi Donald Trump s’en prend-il aux Somaliens présents aux États-Unis ? Le mardi 13 janvier, le gouvernement américain a annoncé la suppression du statut protégeant les immigrants somaliens. “Les ressortissants somaliens bénéficiant d’un statut de protection temporaire sont désormais tenus de quitter les États-Unis avant le 17 mars”, précisent les services fédéraux de l’immigration sur X. “Notre message est clair. Retournez dans votre pays où nous vous y renverrons nous-mêmes”, a ajouté le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) sur le même réseau social.
BREAKING: DHS and USCIS are ending Temporary Protected Status (TPS) for Somalia.
Temporary means TEMPORARY.
Somali nationals with TPS are now required to leave the United States by March 17, 2026.https://t.co/kTBIaf4KlW
— USCIS (@USCIS) January 13, 2026
Une mesure prise contre cette communauté après un scandale de fraude dans l’État du Minnesota, où la police fédérale de l’immigration (ICE) intensifie ses opérations. Depuis plusieurs semaines, l’administration Trump s’est saisie de cette vaste affaire de fraude aux aides publiques éclaboussant la diaspora somalienne de cet État. Il s’agit d’ailleurs de la communauté la plus importante de l’État du Minnesota, avec environ 80 000 membres.
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Dans sa ligne de mire, Ilhan Omar, une figure de la gauche américaine d’origine somalienne et élue à Minneapolis. Attaquée depuis des années par le président américain, il l’a encore mentionnée mardi 27 janvier dans un discours dans l’Iowa. “Elle vient d’un pays qui est une catastrophe, ce n’est même pas un pays, franchement”, a-t-il déclaré. Donald Trump l’accuse par ailleurs d’être liée à ce vaste scandale de fraude aux aides sociales. Il a affirmé que le ministère de la Justice examinait son cas.
Mardi 27 janvier, alors qu’elle participait à une réunion publique, la députée démocrate a été la cible d’une attaque. Un individu s’est précipité vers elle, en brandissant une seringue, remplie d’un liquide nauséabond non identifié, avant d’être maîtrisé par le service d’ordre.
Selon ABC News, le président a affirmé qu’elle était une “impostrice”, allant jusqu’à dire qu’elle s’est “probablement fait asperger elle-même.” Mercredi 28 janvier, les États-Unis ont annoncé reprendre leur aide alimentaire à la Somalie qui souffre d’une des plus longues crises humanitaires au monde.

