Le parcours d’Enzo Serieyssol, troisième ligne au SU Agen, est marqué par une ascension rapide en Pro D2. L’enfant de Causse-et-Diège revient sur ses débuts.
Enzo Serieyssol, vous êtes troisième ligne au SU Agen, quel a été votre parcours avant d’atteindre la Pro D2 ?
C’est ma septième année au club du SU Agen. J’ai pris ma première licence de rugby à Capdenac, j’avais sept ou huit ans. Puis est arrivé le moment de l’orientation pour le lycée. J’ai toujours eu ce rêve d’aller chercher le plus haut niveau, donc j’ai postulé pour les journées de détection à Agen et j’ai été pris en internat.
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Depuis cet été, vous avez intégré le groupe pro. Quel regard portez-vous sur vos performances et celles de l’équipe, qui est huitième au classement ?
J’avais déjà fait la préparation la saison dernière, mais je n’avais pas réussi à accrocher avec les pros. Cette année, la présaison s’est bien passée, on a bien travaillé. Le nouveau staff m’a donné ma chance au moment où il y avait quelques blessures au club.
J’ai saisi cette opportunité et j’ai réussi à faire de bonnes performances, ce qui m’a permis de continuer à avoir du temps de jeu. L’équipe marchait bien, donc ça a facilité l’intégration des jeunes. La série positive en début de saison a aussi aidé.
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Avec notamment de nombreux matchs à votre actif, c’est un début de saison attendu ?
Franchement, pas du tout. Au début de saison, je me disais que si j’accrochais une ou deux feuilles de match, ce serait déjà bien. Finalement, j’ai eu plus d’opportunités. C’est génial, je prends tout ce qu’il y a à prendre. Maintenant qu’on est dedans, on n’a plus envie d’en sortir, donc je continue de travailler tous les jours pour ça. La fin d’année a été difficile, avec quelques déplacements compliqués.
On continue de travailler à l’entraînement pour relever la tête. Le championnat est très dense et long. L’équipe douzième peut battre les plus gros, donc tout reste possible. On travaille dans ce sens-là, pour aller chercher ces barrages.
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Quel regard portez-vous sur vos performances ? Quels sont les axes de progression ?
L’année dernière, certains joueurs de l’équipe première demandaient à ce que plus de jeunes soient intégrés. Ça a apporté une belle émulation dans le groupe. Le fait que des jeunes montent pousse tout le monde à se dépasser pour garder sa place.
C’est une concurrence saine et bénéfique pour le club. Comme tout joueur, j’ai envie d’aller le plus haut possible. Je dois continuer à travailler mes points forts et mes points faibles. Je suis plutôt à l’aise défensivement, mais je dois progresser sur les fondamentaux de la troisième ligne : la touche, les grattages, la défense, et devenir plus fort sur l’homme.
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Vous faites en parallèle des études, comment on concilie les deux facettes d’une vie bien chargée ?
J’ai un accord entre le club et mon centre de formation : j’ai cours une semaine toutes les trois semaines. Le reste du temps, je suis en alternance à l’association du club, ce qui rend les horaires plus simples à gérer.
Le manager est en contact avec mon formateur pour organiser mes absences et mes rattrapages. Au début de saison, j’avais une convention de formation. Mes premiers matchs m’ont permis de signer un contrat Espoir en novembre, jusqu’à la saison prochaine.
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Vous êtes originaire de Causse-et-Diège, en Aveyron, quel lien gardez-vous avec vos terres ?
Toute ma famille habite en Aveyron. Dès que je peux, je rentre. Les week-ends sont souvent chargés, mais à Noël, par exemple, je rentre pour profiter de ma famille et de mes amis. J’ai encore beaucoup d’amis à Foissac et je garde le lien avec eux.
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Quels souvenirs gardez-vous de cette époque ? Ce n’était pas trop dur de quitter le cocon familial à 14 ans ?
Mon père est agriculteur, donc j’ai grandi à la ferme, entouré d’animaux. Je jouais au ballon dans le jardin avec mon frère et mes cousins. C’était une vie simple, proche de la famille et des copains. Je reste très attaché à mes origines. J’étais au collège à Capdenac.
Je me sentais prêt à partir. L’avantage du sport collectif, c’est qu’on est vite bien intégré. On vit tous la même chose, loin de nos familles, donc on se soutient les uns les autres, sur et en dehors du terrain.
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Votre famille vous suit énormément j’imagine ?
Dès qu’ils peuvent, ils viennent au stade, ils sont fans de rugby. Ils sont contents de me voir réaliser mon rêve. Mon frère joue à Decazeville, et dès que je peux, je vais le voir. J’ai gardé un bon lien avec la présidente de l’école de rugby de Capdenac, à qui j’ai offert un maillot. Plus tard, je verrai comment m’impliquer davantage.

