“Frère d’enfance” et ancien coéquipier de Yann Gboho au FC Rouen, Amir Etien (ailier droit de Lyon La Duchère, 24 ans) en sera l’adversaire pour la première fois, samedi (18h) à l’occasion des 32es de finale de Coupe de France. Il raconte sa connexion avec le numéro 10 du TFC.
Amir, vous êtes né à Saint-Denis, Yann en Côte d’Ivoire, mais la vie vous a réuni à Rouen…
Oui. C’était mon coéquipier en U13 au FC Rouen et on était en sport-études au collège du Sacré-Cœur. On est de la même génération (2001, NDLR), mais moi j’avais redoublé. C’est la famille, c’est mon frère.
C’est donc dans la cour et sur les terrains que la connexion s’est faite ?
Oui, ça a matché. Au FC Rouen, on avait une grosse équipe avec beaucoup d’éléments forts. Lui, il jouait au milieu, tout seul, en tant que numéro 8.Moi, j’étais numéro 9. Il m’a beaucoup régalé.
Son truc, ça a toujours été le dribble ?
Ça a toujours été un dribbleur. En fait, avant, il était plus dans la fixation. Il était dans le cœur du jeu, il fixait, il mettait des feintes. Après, c’est plus en arrivant à Rennes (en 2016, NDLR) qu’il a commencé les passements de jambes. Les crochets, il les a toujours eus. Le fait de devenir un “joueur de fantaisie”, c’était plus au centre de formation.
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D’habitude, c’est plutôt l’inverse…
Je n’exagère pas. À l’école, il prenait la balle – on avait une balle en mousse – et c’était lui contre toute la cour de récréation. Il y avait un autre garçon très technique. Parfois, ils se mettaient à deux contre nous tous. C’était vraiment ça, il nous confisquait la balle à lui tout seul. Personne ne lui prenait le ballon, mais c’était juste “crochet, crochet, crochet”, pas de passements de jambes.
C’était déjà un peu comme en Ligue 1, finalement…
C’était trop facile. Parfois, quand c’était trop dur pour nous, on faisait l’engagement et on disait : “S’il te plaît Yann, snake !” Il prenait le ballon, faisait des zigzags et débloquait la situation à lui tout seul.

Le voir aujourd’hui meilleur dribbleur du championnat de Ligue 1 (derrière Abline et Thauvin) n’a donc rien de choquant…
Pas du tout. Ça ne me choque pas car je l’ai vu aussi évoluer à Rennes. Je l’ai vu en jeune, je l’ai vu en professionnel… J’ai suivi son évolution. C’est une transition naturelle. Tu regardes les vidéos de Neymar et en grandissant, tu reproduis leurs dribbles. Lui, c’était Neymar et Pogba.
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Le retrouver en Coupe de France, c’était votre objectif !
C’est clairement le tirage que je voulais. Des coéquipiers voulaient Marseille, Lyon, etc. Moi, je ne voulais que jouer contre mon pote. Des clubs pros ont été tirés, on commençait à se dire qu’on allait jouer une National 2, une National 3. Quand on est tombé sur Toulouse, tout le monde était content. Les chances étaient encore plus minimes au moment où on les a tirés. Pour moi, c’était une explosion de joie.
Vous avez glissé quelques mots à vos coéquipiers ?
Parfois, je glisse quelques mots, mais parfois, ça ne sert à rien non plus. Ils savent de quoi ils sont capables. On le connaît tous, c’est un joueur de Ligue 1. Le meilleur dribbleur de Ligue 1. Il n’y a pas grand-chose à dire. Dans tous les cas, il va arriver face à toi, va essayer de te dribbler. Tu as juste à essayer de l’arrêter…
Vous, vous êtes plutôt ailier droit que défenseur droit…
Moi, je ne défends pas. Mais je n’ai pas peur de lui ! Dans la cour de récréation, il prenait le ballon à la main quand il me voyait arriver, parce que je n’ai pas peur de défendre : si je dois te casser les jambes, je vais te casser les jambes (rires).
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D’autant qu’il reste sur un doublé contre le Paris FC…
Je suis content pour lui, en dehors du match qui nous attend. En espérant qu’il ne soit pas sur la même dynamique contre nous, qu’il baisse un peu de régime.
Les doublés, vous aussi vous connaissez…
Oui, c’est vrai. J’ai mis trois doublés cette saison. J’ai mis quelques journées avant d’inscrire mes premiers buts. Là, ça fait 12 matchs, toutes compétitions confondues, qu’on n’a plus perdu. On est tous sur une bonne dynamique. Au-delà de mes six buts, je compte également sept passes décisives.
Toulouse, c’est donc une équipe que vous connaissez très bien…
C’est un match bonus. Je ne me mets pas de pression. J’ai juste hâte du moment. Je connais l’effectif, les qualités des joueurs, je sais comment ça joue. Sur ce match-là, il n’y a pas d’amitié. S’il (Yann Gboho, NLDR) doit faire le pire match de sa vie contre nous, je serais le plus content du monde. Et après, quand il va retourner en Ligue 1, je serai son premier supporter.

