En Italie, une employée licenciée pour avoir profité de quelques heures à la plage pendant son congé d’aidante a finalement obtenu gain de cause devant la justice, qui a ordonné sa réintégration et condamné son entreprise à l’indemniser.
À Forlì, dans le nord de l’Italie, une salariée de 40 ans a été licenciée en octobre 2023 après avoir été surprise à la plage alors qu’elle bénéficiait d’un congé spécial pour s’occuper de sa mère lourdement handicapée. Deux ans plus tard, la justice a estimé que son licenciement était abusif, raconte le Corriere della Sera.
Tout commence à l’été 2023. Employée depuis plusieurs années comme cariste, la travailleuse obtient un congé d’aidante pour prendre en charge sa mère, atteinte de démence et totalement dépendante. Depuis quelque temps, la salariée a dû l’accueillir dans sa maison pour pouvoir s’en occuper au quotidien afin d’éviter un placement.
Un congé spécial pour les aidants
Mais son employeur soupçonne un abus et engage une agence de détectives pour la surveiller. Dans leur rapport, les enquêteurs notent que la salariée se rend à plusieurs reprises dans une station balnéaire de Cesenatico, sur la côte adriatique. En trois jours, elle y passe quelques heures durant lesquelles elle est notamment observée dans un établissement en bord de mer avec son compagnon.
Des éléments qui suffisent à l’entreprise pour déclencher une procédure disciplinaire contre leur employée avant de la licencier le 13 octobre 2023 pour faute, estimant qu’elle a détourné son congé d’assistance à des fins personnelles.
En Italie, les salariés aidants peuvent obtenir trois jours de congé rémunérés par mois afin d’aider un proche handicapé, qu’ils vivent sous le même toit ou non. Selon une étude Opinion Way d’octobre 2025, l’Italie est le pays de l’Union européenne où la proportion d’aidants est la plus élevée, avec 34 %, contre 24 % en France.
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37 000 euros de dommages et intérêts
La salariée décide alors de saisir la justice pour contester son licenciement, qu’elle juge disproportionné et injuste. Lors du procès, les détectives privés ont confirmé l’avoir vue accompagner sa mère chez le médecin, à la pharmacie et faire des courses. Pendant ses jours de congés, ils assurent également l’avoir observée à plusieurs reprises dans le jardin et autour de la maison et toujours aux côtés de sa mère. Des propos confirmés par la sœur et le frère de la plaignante : “Ma sœur s’occupe de tout ce dont notre mère a besoin. Nous nous relayons pour qu’elle ne soit jamais seule.”
Face à ces éléments, la juge a estimé que les quelques heures passées à la plage ne constituent pas un abus, mais un simple moment de récupération, rendu possible par la présence du frère au domicile familial. Le tribunal a donc conclu que le licenciement était abusif et a condamné l’entreprise à réintégrer immédiatement la travailleuse et à lui verser l’équivalent de douze mois de salaire, soit environ 31 000 euros, en plus des cotisations sociales non versées. Elle devra également payer près de 6 000 euros de frais de justice.

