Pour l’anniversaire de Philippe Renaux, “un père formidable” en proie à la maladie, sa fille Alicia souhaitait lui offrir un tour en Ford Mustang. Après un appel Facebook, Yannick Chelle et ses amis ont permis à ce rêve de se réaliser à Lombez (Gers). L’élan solidaire bouleverse la famille.
Philippe Renaux, Lombézien originaire du Pas-de-Calais, rêvait de monter dans une Ford Mustang des années 60. Sa fille a réalisé son rêve pour son 59e anniversaire. Tout est parti d’un appel via Facebook : “Mon papa fête son anniversaire vendredi et j’aimerais lui offrir une super journée. C’est une personne qui se donne pour sa famille, quelqu’un de droit, de vaillant et de combattif, de gentil, protecteur et tant d’autres qualités… On lui a décelé un cancer il y a peu, ainsi que d’autres maladies graves… Je demande alors un peu d’aide pour réaliser un rêve que nous aimerions partager, monter à bord d’une Ford Mustang des années 1960, juste une balade, même minime. Nous partageons notre amour pour cette voiture, et réaliser ça maintenant est tellement important à mes yeux et cher à mon cœur. Alors si vous pouvez vous-mêmes, ou si vous connaissez quelqu’un qui pourrait m’aider dans cette démarche, je vous en serai extrêmement reconnaissante…”
“L’histoire m’a touché”
Le message a été relayé des centaines de fois. Il est tombé sous les yeux de Yannick Chelle, fondateur du festival samatanais American Day Samatan et président de l’association Motors Classic Samatanais. Ils ne se connaissaient pas. “L’histoire m’a touché. J’ai une Mustang et je vis à côté.” Alors il a ouvert son carnet d’adresses. Un coup de fil, puis un autre. Et le miracle a pris forme.

Car ils ont été nombreux à lui répondre et à surgir dimanche matin à La Ramondère, devant le domicile de Philippe : “Certains, malgré l’envie, n’ont pas pu venir à cause des dégâts dus aux intempéries, ces voitures de collection redoutent la pluie, mais ils sont prêts à venir à une autre date pour faire plaisir à Philippe. Notre seul but, c’était de l’aider dans ce parcours difficile et le voir heureux”, glisse Yannick.
Et Philippe Renaux, un immense sourire que l’on devine derrière son masque, confirme : “Le bonheur ! Je m’attendais à une surprise mais pas à celle-là, bien que mon petit-fils ait vendu la mèche sans le savoir. Il m’a dit on va t’offrir une voiture rouge…”
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Au-delà de la balade dans le bolide vénéré, c’est l’élan de solidarité, magnifique, qui a bouleversé toute la famille de Philippe : son épouse Pascale et leurs filles Alicia et Anaëlle, sans oublier le petit Léandro, 3 ans. “Un élan d’une ampleur phénoménale”, souffle Pascale, deux jours plus tard, le regard encore humide : “Nous voulons tous les remercier mille fois : Yannick, Magnus pour sa magnifique vidéo qu’on regarde en boucle, les collectionneurs qui sont venus et nous ont transportés, et les innombrables anonymes qui ont relayé le post d’Alicia. Et puis Jimmy et Nadine, les boulangers de la Fontaine de Samatan, qui ont offert le petit déjeuner à tout le monde. On ne les remerciera jamais assez pour ce bonheur offert à Philippe.”

À Lombez, Philippe est une figure. Pendant vingt ans, il a servi ses frites dorées depuis son food truck, installé place de la gendarmerie. “Une culture pour les gens du Nord”, confie-t-il. Depuis juillet, le rideau est baissé. La maladie, qui fragilise son système immunitaire, l’a contraint à s’arrêter. Pour cet homme chaleureux, amoureux du contact, le silence est rude.
Retrouvailles inattendues
Mais ce dimanche-là, une heureuse coïncidence s’est produite : il a retrouvé un ancien collègue, passionné lui aussi de Mustang, qui travaillait avec lui à Colomiers. Car avant d’arriver dans le Gers, Philippe était responsable logistique chez Carrefour, muté à Colomiers. Les numéros ont été échangés. Ils se reverront. Avec ce récent événement, les choses vont changer. La famille est invitée un peu partout, sur des lieux en lien avec la Ford Mustang.
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Alors ce rêve devenu vrai, une simple balade ? Non. Une parenthèse de lumière, offerte par des inconnus devenus proches : “Quand j’ai entendu le grondement des moteurs, j’ai compris. On a tous pleuré ensemble”, confie Philippe. Il y avait bien plus, la preuve éclatante que la solidarité est une réalité qui réchauffe les cœurs.

