February 19, 2026

"Cela aura peut-être des conséquences" : née en Russie, elle décide de représenter l’Ukraine à la cérémonie d’ouverture des JO d’hiver 2026

l’essentiel
L’architecte russe Anastasia Kucherova, installée à Milan depuis des années, a défilé avec la délégation ukrainienne lors de la cérémonie d’ouverture. Son soutien à l’Ukraine lors des Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026 suscite des réactions.

Cela fait désormais près de huit ans qu’Anastasia Kucherova n’a pas remis les pieds en Russie. Installée à Milan depuis quatorze ans, l’architecte ne prévoit pas d’y retourner de sitôt. D’autant moins depuis qu’elle a affiché son soutien à l’Ukraine lors des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026. À San Siro, lors de la cérémonie d’ouverture, la jeune femme a défilé avec la délégation ukrainienne.

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Elle ne figurait ni parmi les athlètes ni au sein du staff, mais marchait juste devant eux, tenant la pancarte du pays envahi par les forces armées de Vladimir Poutine. Pour Anastasia Kucherova, il ne s’agissait pas d’une provocation, mais d’un geste de solidarité. “Quand on marche aux côtés de ces personnes, on se rend compte qu’elles ont tout à fait le droit de ressentir de la haine envers les Russes”, a confié la Russe dans une interview accordée à l’agence AP, après avoir révélé sur Instagram les coulisses de sa participation.

Anastasia Kucherova est sortie de l’anonymat, alors que la Russie et l’Ukraine sont en pourparlers de paix à Genève. Elle fait partie des 92 porteurs de pancartes des nations en compétition et elle a porté celle de la délégation ukrainienne à la cérémonie d’ouverture des JO 2026 pic.twitter.com/dP4b5X47Bx

— franceinfo (@franceinfo) February 18, 2026

“Néanmoins, je pense qu’il est important de faire un petit geste pour leur montrer que tout le monde ne pense pas forcément de la même manière, a-t-elle ajouté. Les Ukrainiens n’ont aucune possibilité d’échapper à ces pensées ou d’ignorer l’existence de la guerre. Ils continuent à s’aimer, à se marier, à faire du sport, à participer aux Jeux olympiques. Mais tout cela se passe dans un contexte dévastateur.”

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Elle raconte avoir échangé avec les athlètes ukrainiens qui ont défilé à ses côtés à San Siro. Devant elle, ils ont deviné qu’elle était russe et se sont adressés à elle dans sa langue natale. Une scène qui, selon elle, révèle un “lien profond” entre les deux peuples, “qui pourrait manifestement perdurer s’il n’y avait pas la guerre. Il n’y a littéralement aucun mot qui puisse réparer le mal que ces personnes ont déjà subi, et aucun mot qui puisse se rapprocher du pardon.”

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En rendant publique son identité, Anastasia Kucherova sait qu’elle s’expose à d’éventuelles représailles de la part de son pays d’origine, mais elle assume. “Je ne peux pas garantir que le fait de m’exprimer ne nuira à aucune personne que je connais, assure-t-elle. Mais je pense que si, moi, qui vis dans un pays démocratique et jouis de toutes les libertés, j’ai peur, cela signifie que le régime a gagné.”

Son geste devait rester discret, presque anonyme. Finalement, l’architecte milanaise a choisi de le révéler. Ironie de l’histoire, au début de la cérémonie, elle portait aussi la pancarte du Danemark, entré en résistance face aux menaces américaines de s’emparer du Groenland. “Une belle coïncidence”, affirme-t-elle.


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