February 2, 2026

"C’est super utile, ça nous fait gagner un temps fou" : comment l’intelligence artificielle s’impose de plus en plus dans les écoles

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L’intelligence artificielle fait désormais partie intégrante de notre société. Au lieu de combattre ce phénomène, il vaut mieux essayer de se l’approprier et de le comprendre. Dans les écoles fuxéennes les utilisations varient.

C’est presque devenu un réflexe. Après les dictionnaires feuilletés par nos grands-parents et les moteurs de recherche pour les générations suivantes, l’intelligence artificielle s’impose aujourd’hui comme un nouvel outil du quotidien. Une révolution technologique rapide qui transforme en profondeur les habitudes de travail.

Si l’IA peut faciliter l’accès à l’information et accélérer certaines tâches, son utilisation est encore souvent maladroite, voire abusive. Dans le monde de l’enseignement, la question est désormais incontournable. Directions et professeurs doivent s’adapter pour proposer un modèle éducatif moderne tout en tentant de contrôler la surutilisation par les élèves.

“On l’utilise à nos dépens”

À Foix, ce sujet est au cœur des préoccupations. Entre opportunités pédagogiques et risques de dérive, les établissements cherchent un équilibre. Ils tentent ainsi de trouver des solutions afin que l’usage de l’intelligence artificielle reste cohérent et encadré, sans freiner les apprentissages.

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Au centre universitaire Robert Naudi, l’IA est déjà bien intégrée dans certains cursus. Philippe Godard, responsable de la licence e-tourisme et co-responsable du master TIC qui traite de l’analyse de datas territoriales, l’utilise régulièrement dans ses cours, notamment en codage. Pour lui, l’intelligence artificielle n’est pas un ennemi, bien au contraire : “On l’utilise à nos dépens. Ça reste une bonne chose, quand c’est utilisé correctement.” L’enseignant insiste toutefois sur l’importance de la démarche intellectuelle. “Je veux que les élèves comprennent ce qu’ils font. Pas juste qu’ils me donnent la solution.” Selon lui, la manière d’arriver à un résultat doit être plus importante et est souvent plus formatrice que le résultat en lui-même.

L’utiliser à bon escient

L’objectif principal reste de préparer les étudiants au monde professionnel. “Quand ils devront créer un observatoire, il faudra qu’ils soient sûrs que ce qu’ils ont fait est bien ou non.” Une exigence qui suppose un esprit critique et une capacité à vérifier son travail, compétences que l’IA ne peut remplacer. Philippe Godard pointe également les limites de cet outil, notamment lorsqu’il est utilisé pour des productions personnelles : “Quand on l’utilise pour faire une lettre de motivation, par exemple, ça rend la chose impersonnelle.”

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Conscients de ces enjeux, les responsables universitaires ne restent pas inactifs. Un collectif est actuellement en train de travailler sur une charte dédiée à l’intelligence artificielle. L’objectif est clair : encadrer les pratiques, fixer des règles communes et surtout sensibiliser les étudiants à un usage raisonné. La prévention apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel pour éviter les excès.

Des élèves bien conscients du problème

Du côté des étudiants, les avis divergent. Certains voient dans l’IA un outil devenu presque indispensable. “C’est super utile, ça nous fait gagner un temps fou”, confie l’un d’eux. D’autres se montrent plus méfiants et redoutent une dépendance excessive : “Si on se repose trop sur l’IA, il y aura des choses qu’on ne saura pas faire.”

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Au lycée Gabriel Fauré, la problématique est tout aussi présente, mais elle se pose différemment. Nicolas Solana, proviseur de l’établissement, reconnaît la difficulté à encadrer ces nouveaux usages chez les lycéens : “C’est une véritable problématique qu’on a du mal à gérer.” Face à cette situation, des adaptations ont été mises en place, notamment en matière d’évaluation. “Par exemple, on ne donne plus de devoirs maison notés. Ce n’est plus du tout représentatif.” L’intelligence artificielle contraint les écoles à se réinventer. Le défi est de tirer le meilleur de cet outil sans jamais renoncer à l’apprentissage de la réflexion personnelle.

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