Alors que la question de la pénurie de professionnels de la petite enfance s’impose au niveau national, la situation apparaît plus contrastée dans le bassin agenais. Entre tensions de recrutement, évolution des demandes des familles et baisse de la natalité, les acteurs locaux dressent un constat plus nuancé.
À Agen et dans son agglomération, la situation de l’accueil de l’enfant apparaît plus complexe qu’une simple pénurie généralisée. Selon plusieurs acteurs du secteur, le système tient, mais au prix d’ajustements permanents. “Contrairement à ce que l’on peut entendre au niveau national, nous ne sommes pas en situation de pénurie de personnel à Agen”, affirme Rose Hecquefeuille, adjointe à la municipalité en charge de l’action scolaire, de la petite enfance et de la jeunesse. Une réalité toutefois à nuancer.
Des tensions de recrutement bien identifiées
Dans les structures collectives, les difficultés concernent surtout la gestion des absences. “Il n’y a pas de pénurie, mais remplacer les arrêts maladie est devenu plus compliqué”, observe Delphine Bluzet, directrice de la crèche Kirikou, qui emploie 17 salariés.
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Un diagnostic partagé par l’Udaf du Lot-et-Garonne, qui évoque “des tensions en matière de recrutement”, notamment sur certains profils qualifiés comme les éducateurs de jeunes enfants. Pour y faire face, l’Udaf s’appuie notamment sur l’alternance afin de favoriser l’installation durable de professionnels sur le territoire.
Crèches pleines, assistantes maternelles plus disponibles
Du point de vue de l’offre, la situation varie selon les modes d’accueil. “Les crèches sont aujourd’hui quasiment complètes, alors que les assistantes maternelles ne le sont pas toujours”, explique Marjorie Biron-Ciblat, responsable du Relais Petite Enfance (RPE) pour les secteurs de Boé et Bon-Encontre. Selon elle, les familles trouvent globalement des solutions, parfois au prix de compromis lorsque leur premier choix n’est pas disponible.
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Les MAM Chats perchés et Île aux enfants, à Agen, confirment cette réalité. “Ce qui est le plus compliqué, ce sont les demandes en janvier, février ou mars. Les places se libèrent surtout en septembre, quand les enfants entrent à l’école”, explique Laura, assistante maternelle agréée à la MAM Île aux enfants. Les listes d’attente peuvent ainsi s’allonger, sans pour autant refléter une saturation permanente.
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Toutes les structures ne rencontrent cependant pas les mêmes difficultés. À Foulayronnes, la directrice de la micro-crèche Petites Éclosions évoque au contraire un nombre important de candidatures. « Pour quelques postes, nous avons reçu énormément de CV et rencontré une quinzaine de personnes », explique-t-elle.
Attractivité des métiers et baisse de la natalité
Autre tendance de fond : la désaffection progressive pour le métier d’assistante maternelle. “Il y a de moins en moins de candidates à l’agrément”, constate Marjorie Biron-Ciblat, évoquant la pénibilité, les contraintes horaires ou encore le manque de reconnaissance. “Le plus dur, c’est le physique, le bruit, la fatigue”, témoigne Mathilde, auxiliaire de crèche.

Un phénomène à mettre en perspective avec la baisse récente de la natalité, également observée localement. “La demande reste globalement stable, mais elle commence à diminuer depuis mi-2025”, précise-t-elle.

