February 1, 2026

"C’est affectif" : l’huile d’olive de Boutaleb, un lien entre le Gers et le Maroc

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Boutaleb Lamkadmi, l’homme aux plusieurs vies, vient de se muer en producteur d’huile d’olive depuis qu’il a hérité des terres de son père au Maroc. Commerçant ambulant sur les marchés de Gimont, Auch et Castéra-Verduzan, son étal s’est enrichi de ce qu’il appelle son “or vert”.

Il en croise du monde Boutaleb. Surtout depuis que le Condomois a rejoint la préfecture gersoise il y a vingt ans pour ouvrir l’Oriental, une épicerie en plein centre du quartier du Garros avant de fermer boutique en 2013 pour devenir itinérant sur les marchés de Gimont, le mercredi, d’Auch le jeudi et le samedi, et de Castéra-Verduzan le dimanche.

Avant cela, il a été ouvrier agricole, boulanger-pâtissier, réparateur d’électroménager puis électricien. Une vie bien remplie qui est encore loin de le conduire à la retraite. Car, à 60 ans, l’homme s’est lancé un nouveau défi : “Maintenant je suis aussi producteur d’huile d’olive”.

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Décédé il y a huit ans, son père, Ahmed, qui faisait dans les clémentines et les oranges, a laissé ses terres à la famille, du côté du village d’Aklim, non loin de Berkane, au nord-est du pays, à cinquante kilomètres de la mer et dix de la montagne. “Au Maroc il y a beaucoup d’oliviers, moi, j’en ai six cents, et là c’est ma première récolte” explique celui qui désormais commercialise Morocc’oil : “C’est une huile nature, d’olives mûres, pressées à la pierre, à froid, les retours sont excellents” se réjouit notre nouvel oléiculteur gersois.

On refait le match

Preuves à l’appui, les quelques bouteilles qui trônent le matin en plein milieu des fruits secs, des épices et des olives, ne restent pas longtemps sur l’étal. Les dernières conversations avec les clients tournant autour de la genèse du produit, derrière, bien sûr, les commentaires sur la dernière finale de la Coupe d’Afrique des nations, perdue par le Maroc, à domicile, devant le Sénégal (0-1).

“Je dis, il faut laisser parler les gens. Tant pis pour les polémiques. Moi, j’aurais préféré qu’on le marque ce penalty de la dernière minute. On aurait eu la coupe et puis voilà, résume Boutaleb. Après, les suspicions de corruption, tout ça, toutes les conneries qu’on peut trouver sur les réseaux sociaux, on s’en fiche. On aurait laissé passer le temps et puis c’est tout. Mais enfin, c’est pas grave. Moi, je regarde juste les grands matchs de foot, histoire de parler avec les gens, mais ça ne va pas plus loin”.

Non, ce qui va plus loin c’est le voyage depuis Aklim, là où se trouve le gisement de pépites d’or vert, passées entre les mains de l’alchimiste Boutaleb Lamkadmi, qui traversent la mer dans des bouteilles pour lancer un message : “En fait c’est personnel, cette huile, c’est surtout affectif”.

Et ça n’a pas de prix.

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