Adriano, 28 ans, père de trois jeunes enfants, et son frère Alexis, 18 ans, ont perdu la vie dans un terrible accident de la route mercredi 28 janvier 2026 à Lafrançaise (Tarn-et-Garonne). À Vazerac, le maire témoigne de l’émotion qui a saisi le village. À l’école notamment, la solidarité s’organise.
“C’est un coup de massue pour le village.” À l’image de son maire, Christian Lestrade, la commune de Vazerac (Tarn-et-Garonne) a bien du mal à se remettre du terrible destin qui a frappé un jeune couple, mercredi 28 janvier 2026.
Adriano Da Silva Reis, 28 ans, rentrait chez lui, au volant de sa voiture, après une journée de travail à Moissac, lorsqu’il a perdu le contrôle de sa Golf GTI à la sortie de Lafrançaise. À ses côtés, son jeune frère Alexis, 18 ans. Tous deux ont perdu la vie dans un choc effroyable contre un poteau électrique, cisaillé en trois morceaux.

“J’étais au conseil communautaire à Lafrançaise quand c’est arrivé. Lors des réunions, j’ai l’habitude d’éteindre mon portable. C’est en rentrant chez moi que Thierry Delbreil, le maire de Lafrançaise, m’a appris l’affreuse nouvelle.”
Incrédule, Christian Lestrade s’est rendu le lendemain sur les lieux du drame pour tenter de comprendre ce qui a pu se passer. “C’est une ligne droite. A-t-il mis les roues sur le bas-côté humide, perdant l’adhérence ? S’il n’y a pas le poteau électrique à cet endroit, il finit sa course dans le champ et il n’a rien. Mais là, le bilan est terrible, c’est une famille meurtrie.”
Son seul plaisir, c’était de sortir sa belle voiture, une Golf GTI customisée, le dimanche après-midi.
L’élu est d’autant plus choqué qu’il connaît bien le couple. “Ils sont arrivés il y a sept ou huit ans. Ils habitent une petite maison juste en face de la mairie. Un couple sans histoire. Ils ont trois enfants, la dernière a à peine six mois. Tous les matins, la maman amène les deux plus grands, qui ont six ans et demi et quatre ans, à l’école. De mon bureau, je les vois passer.” Des enfants désormais orphelins de leur papa.

Ce dernier avait une passion : une Golf GTI, customisée. “Son seul plaisir, c’était de sortir sa belle voiture, le dimanche après-midi. Il la bichonnait, il avait trouvé un garage que lui louait un copain pour la mettre à l’abri. C’était une voiture de promenade, il la sortait très rarement. Il avait une autre Golf, moins puissante, pour aller au travail mais je sais qu’elle était tombée en panne la semaine dernière. Il avait donc dû se résoudre à prendre l’autre.” Adriano a-t-il été piégé par les 230 chevaux de sa Golf GTI customisée ? L’enquête de gendarmerie permettra peut-être de l’établir.
Une cagnotte lancée par des mamans de l’école
Jeudi 29 janvier, au lendemain de l’accident, une cellule psychologique a été mise en place à l’école, qui porte le nom de l’ancien maire de Vazerac Jean Guthmuller. “Peut-être que la psychologue reviendra lundi, jour où la maman pense remettre ses enfants à l’école. C’est très brutal ce qu’il lui arrive. Je suis allée la voir, des mamans d’élèves sont venues aussi la soutenir et vont lancer une cagnotte solidaire. De mon côté, j’ai alerté les services sociaux du conseil départemental pour voir les dispositifs qu’on peut activer au soutien de la jeune maman.”
Depuis dix ans, Adriano Da Silva Reis était employé chez Embalbois, société spécialisée dans les emballages de fruits bien connue à Moissac. Il y donnait toute satisfaction. Jusqu’à la naissance de la petite dernière, Laura, sa compagne, qui a des attaches familiales à Cazes-Mondenard, y travaillait également comme saisonnière. “Cette famille venait de connaître une épreuve, le décès du papa d’Adriano qui vit au Portugal. Un moment difficile pour son jeune frère. C’est pour cette raison qu’il avait proposé à sa mère qu’Alexis vienne le rejoindre en France”, relate Christian Lestrade. Depuis un mois et demi, le cadet logeait donc chez son aîné, à Vazerac, et avait signé lui aussi commencé à travailler chez Embalbois.
La mort a donc fauché les deux frères, plongeant la communauté portugaise du Tarn-et-Garonne dans une profonde douleur. Quand la justice, qui a ordonné une autopsie, rendra les corps à la famille, celui du cadet sera rapatrié au Portugal. Quant à l’aîné, qui vit en France depuis 17 ans et s’y était parfaitement intégré, il sera inhumé dans le cimetière de Vazerac.

