January 31, 2026

« Nous n’avons jamais souhaité que le climat actuel dégénère » : les taxis d’Agen prennent la parole

l’essentiel
Par le biais d’un communiqué, les taxis d’Agen ont souhaité faire porter leur voix. La rédaction en a rencontré une partie à la gare, ainsi que le policier municipal référent qui a mis en place l’arrêté municipal restreignant l’activité des VTC

Il y a quelques semaines, un chauffeur VTC d’Agen contactait la rédaction pour se plaindre de pressions qu’il aurait subies de la part de certains taxis d’Agen. Des pressions contestées par les chauffeurs de taxis incriminées. S’en est suivi un arrêté municipal mis en place par la mairie d’Agen le 12 décembre dernier. Il a pour but de limiter les maraudes électroniques constatées par les services de la police municipale de la Ville, et restreint l’activité des VTC. De 7 h à 22 h, et sur trois secteurs : la gare, le Centre des congrès et du Parc des expositions, ainsi que le secteur de l’Enap.

Un appel au calme

Par le biais d’un communiqué, les taxis d’Agen ont souhaité « s’exprimer publiquement, non pour alimenter les tensions, mais pour rétablir des faits et rappeler leur position responsable. » Ils poursuivent. « On tient à le dire clairement : nous condamnons toute forme de violence, de menace ou de confrontation, et n’avons jamais souhaité que le climat actuel dégénère. Notre démarche reste strictement professionnelle et réglementaire. » Ils ont également tenu à faire part de la réalité économique « méconnue » de leurs fonctions. « Les taxis d’Agen exercent leur activité après avoir acquis une autorisation de stationnement dont la valeur peut atteindre environ 120 000 euros. Cet investissement, réalisé sur fonds propres ou à crédit, engage les chauffeurs sur de nombreuses années et constitue une charge économique lourde et durable. »

La police municipale dresse le bilan

Sur place, à la gare, l’un d’eux affirme ne pas souhaiter l’interdiction des VTC dans la ville, mais se dit favorable à une concurrence plus saine. « On demande que les règles nationales soient respectées par tous, que les arrêtés municipaux soient appliqués, et que le débat se poursuive dans un cadre institutionnel et apaisé », pose-t-il.

Le policier municipal qui a mis en place l’arrêté municipal, présent à la gare, dresse le bilan. « En avril dernier, on m’a nommé référent et demandé de faire le lien entre les taxis et la mairie. La première chose que j’ai faite, c’est de contrôler l’ensemble des taxis d’Agen. » Par la suite, il a constaté la maraude de certains VTC. « C’était de plus en plus fréquent. Au début, j’ai joué la carte de la prévention, de la tolérance, en leur rappelant simplement la réglementation. » Ce qui n’a pas suffi selon lui. « Des procédures sont en cours » affirme-t-il en évoquant des verbalisations. Il décide ensuite d’établir l’arrêté « pour protéger l’activité des taxis » et « apaiser les tensions ». Depuis sa mise en vigueur, le policier affirme ne pas avoir verbalisé de chauffeurs VTC, même si des chauffeurs de taxis lui ont rapporté que l’arrêté n’était pas toujours respecté. Quand il lui est demandé s’il ne craint pas que l’arrêté soit annulé par la justice comme ça a pu l’être dans d’autres communes françaises, le policier assume sa « prise de risque ». Et affirme que l’arrêté est trop récent pour y voir un quelconque effet.

source

TAGS: