January 17, 2026

Plus de 20 t de déchets ramassés : face aux dépôts sauvages d’ordures ménagères, cette ville a mis les bouchées doubles, "le problème, c’est le week-end"

l’essentiel
Deux embauches, un doublement des tournées, l’achat d’un nouveau véhicule pour effectuer les rotations : les mesures déployées par la ville pour faire face aux dépôts sauvages d’ordures ménagères ont porté leurs fruits, visuellement en tout cas. “Le résultat est là”, estime le maire, Frédérique Thiennot. Mais les volumes collectés demeurent importants.

C’est un baromètre qui ne ment pas : depuis quelque temps, les réseaux sociaux ne sont plus inondés de photos des dépôts sauvages d’ordures ménagères, des publications fréquentes voici peu, et habituellement accompagnées d’un flot de commentaires exaspérés, comme ce fut le cas à l’automne.

“C’est vrai qu’il y en moins”, confie un Appaméen croisé près de Notre-Dame-du-Camp, interrogeant du regard les alentours. “La propreté des rues laisse parfois à désirer, mais les dépôts de sacs-poubelle paraissent moins nombreux”, ajoute-t-il. Frédérique Thiennot, maire, l’assure : “Le résultat est là, les rues sont plus propres, et c’est un bon résultat”. Et de nuancer : “Le problème, c’est le week-end”, ajoute-t-elle aussitôt.

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Des tonnages qui ne diminuent pas

Pourtant, les volumes collectés lors des tournées effectuées par la ville n’ont pas faibli : 18 tonnes en septembre, 21 tonnes en octobre, 15 tonnes en novembre et plus de 20 tonnes en décembre. “Nous ramassions environ 11 tonnes de déchets avant la mise en place de la taxe incitative”, rappelle Frédérique Thiennot.

Cette flambée des dépôts sauvages remonte au mois de janvier dernier, lorsque le nouveau système a été appliqué. “Jusqu’en septembre, le Smectom a accepté de réaliser des tournées supplémentaires, deux fois par semaine, mais ils ont arrêté. Nous avons donc été obligés de prendre de mesures”, poursuit Frédérique Thiennot.

Le recours au privé abandonné

Pour prendre le relais, la ville avait envisagé, dans un premier temps, de faire appel à un prestataire privé, mais l’option a été abandonnée pour des raisons de coût, environ 80 000 €, pour quatre mois. Cette solution avait été vivement critiquée par l’opposition. La ville a finalement choisi de mettre les bouchées doubles : “Nous avons effectué les embauches de deux agents supplémentaires pour le service propreté, qui passe de 13 à 15 agents. Nous avons acheté un nouveau camion, qui tourne avec celui que nous avions déjà : les rotations sont donc doublées, et elles ont lieu tous les jours”, détaille Frédérique Thiennot.

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“Face aux difficultés que nous avons rencontrées, notamment depuis le mois de septembre, avec l’arrêt des tournées supplémentaires du Smectom, nous devions prendre des mesures. C’est le rôle du maire, qui est compétent en termes d’hygiène et de salubrité publiques”, rappelle l’élue appaméenne.

Faire face au calendrier

Rien à voir, en tout cas, avec les élections qui approchent, ajoute fermement le maire, questionné par “La Dépêche” sur la mise en place de ces mesures. “On me prête des idées que je n’ai pas”, sourit-elle, un peu agacée.

“Je n’ai pas choisi de mettre en place cette nouvelle tarification en début d’année dernière, à un an des élections municipales ni de suspendre les tournées supplémentaires en septembre suivant”, ajoute Frédérique Thiennot, rappelant que c’est le Smectom qui a défini ce calendrier et que la ville a dû s’y adapter, au fur et à mesure.

“Il faudra tout remettre à plat”

Si l’effort consenti par la commune semble porter ses fruits, la situation n’est pas pérenne, estime Frédérique Thiennot, maire, consciente que les Appaméens payent deux fois le même service. “Ce sont des solutions transitoires. Il faudra qu’il y ait des évolutions”, explique l’élue appaméenne. “Il faudra tout remettre à plat”, ajoute-t-elle, lorsque les prochaines échéances électorales seront passées. La gouvernance du Smectom va changer, rappelle-t-elle. En effet, la présidente de la structure, Florence Rouch, en position non éligible sur la liste récemment présentée à Foix, devrait être amenée à passer la main. De nouvelles orientations seront-elles décidées ? Et de poursuivre : “Faire réaliser la collecte par le Smectom, ce n’est pas obligatoire. Des communes, au nord du département, se sont organisées d’une manière différente. Il faudra faire l’analyse de ce service. Enfin, c’est un problème grave, d’envergure nationale : la question du traitement des déchets se pose partout”, ajoute Frédérique Thiennot.

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