L’affaire des laits infantiles contaminés s’intensifie. Nestlé aurait su dès novembre la présence de céréulide dans ses produits, mais les rappels n’ont commencé que le 11 décembre.
L’affaire des laits infantiles, déjà à l’origine de deux enquêtes ouvertes en France après la mort de deux nourrissons, connaît un nouveau rebondissement avec des révélations concernant le géant agroalimentaire Nestlé.
À lire aussi :
Laits infantiles contaminés : la société chinoise Cabio Biotech au cœur de tous les soupçons
L’association de défense des consommateurs européenne Foodwatch avait déjà alerté sur un inquiétant manque de transparence de la marque, parlant d’un “cycle d’opacité et d’impunité”. “Nestlé a effectué les rappels au compte-gouttes depuis décembre et même des ‘retraits silencieux’ dans certains pays sans informer les consommateurs. Les informations se succèdent mais les réponses manquent cruellement”, avait dénoncé l’organisme il y a quelques jours. Ils auraient également attendu dix jours avant de rappeler ses premiers lots.
Nestlé au courant de la contamination dès novembre
D’après Le Monde, Nestlé, qui commercialise les laits pour bébé Guigoz ou encore Nidal, aurait reconnu avoir été au courant de la contamination à la céréulide dès la fin du mois de novembre, mais n’avoir effectué les premiers rappels que le 11 décembre.
À lire aussi :
ENTRETIEN. Laits infantiles contaminés : “C’est un évènement totalement imprévisible”… les jeunes parents doivent-ils en avoir peur ?
“Fin novembre 2025, nos autocontrôles ont mis en évidence la présence de céréulide dans certains de nos produits au sein d’une de nos usines aux Pays-Bas, leur a précisé Nestlé. “Les résultats reçus début décembre ont confirmé la présence en infime quantité de céréulide dans les produits toujours sous notre contrôle”.
Pendant ces fameux dix jours, l’entreprise aurait mené une “analyse de risque de santé”, nous apprend Le Figaro, qui rappelle que les risques de la céréulide sont pourtant connus.
À lire aussi :
Laits infantiles contaminés : des lots Babybio Optima retirés à leur tour des rayons
Jeudi, Foodwatch et huit familles touchées par les contaminations ont déposé plainte contre les industriels et le gouvernement, les accusant de ne pas avoir réagi à temps pour retirer les laits infantiles des rayons. La plainte contre X vise une série de délits, dont la mise en danger et l’atteinte à l’intégrité physique des nourrissons, la tromperie aggravée ou le manquement aux obligations de sécurité.
L’association estime que les parents n’ont pas été suffisamment informés, souvent trop tard et de façon confuse et met en cause les autorités dans la plainte pour avoir tardé à agir et pour des carences dans les contrôles. Le gouvernement a lui défendu son action en affirmant que les procédures avaient été “très très bien respectées” et que tous les lots concernés ont “été retirés”.
À lire aussi :
Laits infantiles contaminés : huit familles et l’association Foodwatch portent plainte
En parallèle, deux enquêtes ont été ouvertes dans le Sud-Ouest après la mort de deux nourrissons, sans qu’un lien de causalité n’ait encore été formellement établi.

