Le projet de centre commercial “Porte des Pyrénées” à Muret est en suspens. Alors que la vacance commerciale atteint 21 % dans les galeries marchandes de l’agglomération toulousaine, le secteur est-il en train de s’essouffler ?
À Muret, le projet de centre commercial géant, baptisé “Porte des Pyrénées”, vacille. Le plan est actuellement en suspens : la SCI Porte des Pyrénées, ayant succédé à la société Sodec, dispose pourtant d’un permis de construire. Mais les négociations sur le montage juridique et financier font patiner le dossier depuis plusieurs mois.
Face à cette stagnation, André Mandement, président du Muretain Agglo, a posé la semaine dernière un ultimatum de 45 jours à la société pour finaliser l’achat du terrain. Ce futur complexe devait pourtant faire exception. S’il ne comprend pas de galeries marchandes à proprement parler, il prévoit un vaste ensemble de commerces commercial de plus de 25 000 m2, dans une région où le secteur semble déjà s’essouffler.
21 % de locaux vides
Selon l’Agence d’urbanisme et d’aménagement de l’aire métropolitaine de Toulouse, un local sur cinq est vide dans les galeries marchandes de l’agglomération toulousaine. 22 sites abritant 840 emplacements ont été analysés : 665 sont occupés, 175 ne le sont pas, soit un taux de vacance de 21 %, “dans un contexte de changement des modes de vie et des habitudes de consommation”.
“L’agglomération toulousaine est dans une situation plus défavorable qu’au niveau national, bien que des disparités soient observées entre les centres”, précise l’AUAT. Les galeries de Saint-Orens-de-Gameville et de Roques-sur-Garonne, appartenant à la société Klepierre, font partie des plus marquées par ces espaces vides.
“Notre priorité est claire : renforcer notre attractivité avec des enseignes plébiscitées par les Français et accompagner les commerçants dans la durée”, indique le centre de Roques-sur-Garonne. Le site assure être « engagé depuis plusieurs mois dans une réflexion sur son adaptation aux nouveaux usages », sans davantage de précision.
De futures ouvertures à Blagnac et Labège
Maintenir l’attractivité commerciale d’une galerie marchande semble être un vrai casse-tête. Mais certains y arrivent, à l’image de celle de Blagnac, où le centre commercial enregistre près de 8 millions de visiteurs par an. D’ailleurs, l’établissement poursuit son développement avec l’ouverture prochaine de plusieurs enseignes de restauration : Berliner et Wing Stop en février, La Brigade et O’Tacos en mars, ou Doppio Malto au printemps.
De l’autre côté de la Ville rose, la galerie Labège 2 assure être “en bonne santé”, se félicitant des ouvertures en 2025 : The North Face, Damart, O’Tacos, Miramira et Zara (transféré sur une plus grande surface). La Boutique du Coiffeur ouvrira fin février, ainsi qu’une boutique Adidas de 300 m2 en mars, et le restaurant Vezzo en avril.
“Le centre développe une offre qui combine le commerce physique, les services et les outils digitaux afin de répondre au mieux aux attentes des clients”, ajoute la direction. Et le futur tracé de la ligne C du métro devrait probablement doper la fréquentation du site.

