Le président du conseil départemental du Gers a obtenu de la part de Sébastien Lecornu un engagement de l’État pour la prise en charge financière du traitement des déchets, suite à la mobilisation des agriculteurs.
Voilà maintenant une dizaine de jours que la circulation est redevenue fluide dans le département, après un mois de perturbations liées aux manifestations agricoles. Les stigmates de la colère paysanne demeurent toutefois bien visibles par les automobilistes de part et d’autre du département. “Il reste quelques bottes de paille qui obstruent la circulation çà et là, comme à Mauvezin ou à Pavie, sur la 2×2 voies aussi. Dès le début de la semaine prochaine, on va dégager tous ces points, en priorité la 2×2 voies, puis au fur et à mesure tous les autres points”, indique la directrice de la direction routes et mobilités au conseil départemental, Nathalie Rougeoreille.
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Pour rappel, les travaux de déblayage et nettoyage du tronçon de la 2×2 voies entre Auch et Aubiet ont commencé le 12 janvier et se poursuivent ces jours-ci, plus de 200 mètres de déchets ayant été déposés par les agriculteurs sur la chaussée. D’autres travaux importants sont également menés sur la portion de la RD924 entre Aubiet et Auch, où le trafic s’était largement reporté durant la fermeture du tronçon de la RD1124, rouvert à la circulation depuis le 13 janvier (sur une seule voie dans chaque sens de circulation). “Les rives (NDLR : de la RD924) sont complètement abîmées et les travaux sont en cours pour réparer”, poursuit Nathalie Rougeoreille.
“Nous découvrons les dégradations sur nos routes”
Difficile de dire pour l’heure à quelle date s’achèveront les travaux, la direction routes et mobilités tablant sur la fin du mois de janvier. Une chose est sûre en revanche : la facture s’annonce salée. “À mesure que nous enlevons les déchets, de tout ordre, qui nécessiteront de mobiliser de nombreuses filières de traitement pour un prix exorbitant, nous découvrons les dégradations sur nos routes”, déclare le président du Département, Philippe Dupouy.

Selon les premières estimations, confirmées vendredi par Philippe Dupouy, “pas moins de 5 millions d’euros” seront nécessaires “pour effacer les conséquences de cette crise”. Une somme exorbitante que le Département refuse d’assumer seul, raison pour laquelle son président a récemment saisi le Premier ministre “afin de l’alerter sur les conséquences financières des dégradations sur le budget des collectivités locales”. Vendredi, devant les élus départementaux, il a enfoncé le clou : “Je n’accepterai pas que nos services publics soient dégradés à cause de débordements qui n’ont pas su être gérés par les autorités étatiques. Comme je l’ai indiqué au Premier ministre, le Département assumera ses responsabilités et portera plainte contre X.”
“Première victoire”
En attendant, Philippe Dupouy peut déjà se satisfaire d’avoir reçu une première réponse favorable de Sébastien Lecornu à sa requête. Dans un courrier reçu le 22 janvier, le Premier ministre confirme l’engagement du Gouvernement “à définir dans les meilleurs délais les modalités d’indemnisation du coût des prestations externes, notamment en ce qui concerne le traitement des déchets”. Sébastien Lecornu assure par ailleurs avoir transmis le dossier aux trois ministres concernés (Intérieur, Aménagement du territoire et décentralisation, Action et comptes publics) afin qu’un examen approfondi soit conduit et que des réponses opérationnelles soient apportées rapidement.
Si la prise en charge de la réparation des dégâts occasionnés reste encore en suspens, Philippe Dupouy se réjouit de cette “première victoire” pour le Département et les contribuables gersois. Reste à savoir si la deuxième suivra.

