Des manifestants brandissant une grande pancarte anti-ICE, le 18 janvier 2026 à Minneapolis, dans le Minnesota. JIM VONDRUSKA / GETTY IMAGES VIA AFP
Un visage qui fait le tour du monde. Des médias américains ont publié mercredi et jeudi la photo d’un petit garçon qui apparaît, la mine déconfite, coiffé d’un bonnet bleu orné de deux oreilles de lapin, portant un sac à dos tenu par une silhouette vêtue de noir : l’ombre de l’ICE, la police anti-immigration sans limite de Donald Trump.
Le cliché a été partagé en masse et ému les réseaux sociaux. L’arrestation de ce garçon de 5 ans suscite une nouvelle vague de colère à Minneapolis, où des appels à manifester ont été lancés pour ce vendredi 23 janvier. Les critiques s’étendent même au-delà des frontières américaines. A Genève, l’ONU s’est dite « sidérée par les mauvais traitements désormais routiniers » infligés aux migrants aux Etats-Unis, pressant Washington de cesser une répression qui « déchire les familles ». « Le Nouvel Obs » fait le point.
• Une arrestation à la sortie de l’école
Mardi 20 janvier, après l’école, Liam Ramos, 5 ans, et son père ont été arrêtés par la police de l’immigration (ICE) dans la banlieue de Minneapolis. L’enfant, scolarisé en maternel, et son père venaient d’arriver devant chez eux lorsqu’ils ont été approchés et arrêtés par l’ICE.
La directrice du district scolaire où est scolarisé Liam, Zena Stenvik, a déclaré lors d’une conférence de presse mercredi qu’« un autre adulte vivant dans la maison se trouvait à l’extérieur au moment de l’incident et avait supplié les agents [de l’ICE] de pouvoir s’occuper du graçon, mais sa demande lui a été refusée. » Le frère aîné de Liam est rentré vingt minutes plus tard et a constaté que son père et son frère avaient disparu, a-t-elle ajouté.
Zena Stenvik a ajouté qu’au total, quatre enfants des écoles à sa charge ont été arrêtés et sont maintenant détenus par l’ICE, dont un de 10 ans et deux jeunes de 17 ans. Selon les médias américains, Liam Ramos et son père sont actuellement détenus dans un centre de rétention au Texas.
• Un « immigrant clandestin » pour le gouvernement
Le vice-président américain JD Vance a affirmé que le garçonnet avait été pris en charge par l’ICE après que son père, qu’il a présenté comme un immigrant clandestin, eut pris, selon lui, la fuite pour ne pas être appréhendé. Il a par ailleurs défendu les agents de l’ICE : « Que devaient-ils faire d’autre ? Laisser un enfant de cinq ans mourir de froid ? », a-t-il interrogé.
• L’ICE « déchire des familles »
« Liam Ramos est juste un petit enfant. Il devrait être chez lui, avec sa famille, pas servir d’appât à l’ICE et se retrouver détenu au Texas », a dénoncé sur X l’ancienne vice-présidente démocrate Kamala Harris, se disant « ulcérée ».
« Faire appliquer la loi est une chose. Terroriser une population, utiliser les enfants comme des pions en est une autre », a renchéri Hillary Clinton, l’ex-adversaire de Donald Trump à la présidentielle de 2016.
« Quand le gouvernement fédéral traite les enfants comme des criminels, quelque chose ne va vraiment pas », a jugé le maire de Minneapolis, Jacob Frey.
Les critiques s’étendent au-delà des frontières américaines. A Genève, l’ONU s’est dite « sidérée par les mauvais traitements désormais routiniers » infligés aux migrants aux Etats-Unis, pressant Washington de cesser une répression qui « déchire les familles ».
• Des tensions grandissantes dans le Minnesota
Malgré des températures glaciales, pouvant frôler les -20 ou -30°C, des rassemblements citoyens ont lieu depuis le 8 janvier pour dénoncer les méthodes des gents de l’immigration et paralyser leurs opérations d’arrestations manu militari d’immigrés. Des appels à manifester ce vendredi ont été partagés à la suite de l’arrestation de Liam Ramos.
Après des heurts entre la police et des manifestants, Donald Trump avait menacé d’invoquer l’« Insurrection Act » pour y déployer l’armée, accusant les responsables locaux démocrates de ne pas « empêcher les agitateurs professionnels et les insurgés d’attaquer » les agents d’ICE. JD Vance s’était rendu à Minneapolis pour rencontrer des agents et « faire baisser la température ».
L’Etat du Minnesota a demandé à la justice fédérale la suspension de l’opération de l’ICE. Une audience à ce sujet est prévue lundi.

