January 23, 2026

Décès d’une automobiliste percutée par un chauffard à 197 km/h au lieu de 70 : "Les proches de la victime continuent de le croiser au volant de son véhicule"

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Reconnu coupable d’homicide involontaire et blessures involontaires, après avoir mortellement percuté le véhicule d’une mère de famille à Clairac en 2024, un jeune homme de 25 ans a écopé de trois ans de prison dont un ferme, sous bracelet électronique.

Le palais de justice recueille dans son enceinte l’amertume des victimes de méfaits, la détermination des robes noires, la douleur de ceux qui subissent les plus grandes injustices. Les magistrats du siège de la chambre correctionnelle du tribunal judiciaire d’Agen avaient à juger ce vendredi 23 janvier l’un de ces dossiers qui laissent dans le cœur des parties civiles un vide abyssal.

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Un jeune de 25 ans a été reconnu coupable d’homicide involontaire et de blessures involontaires, pour avoir ôté la vie d’une mère de famille de 60 ans à Clairac le 6 juillet 2024, en percutant de plein fouet le véhicule dont elle occupait le siège passager, aux côtés de son fils lui grièvement blessé.

Freinage insuffisant

Au gré de la lecture du rapport d’expertise, les juges se plongent dans les instants qui ont précédé et suivi la collision mortelle. Le véhicule sport de marque Mercedes, piloté par le prévenu, circule à très vive allure sur la RD911. À 197 km/h selon les enquêteurs, en dépit de la limitation de vitesse affichée à 70 km/h.

Il arrive à hauteur de la Renault twingo du duo mère fils, qui s’est insérée quelques instants plus tôt sur cette même portion, en quittant un cédez le passage. Le jeune automobiliste abaisse sa vitesse à 170 km/h, marque un coup de volant pour l’éviter, mais il est trop tard. La berline de la sexagénaire, heurtée par l’arrière à environ 125 km/h, s’encastre dans un platane qui jouxte la chaussée. Un temps incertains sur l’origine de l’accident, l’interprétation des enquêteurs est aujourd’hui arrêtée : le propriétaire de la Mercedes est bien responsable du choc.

Tant sur le plan physique que psychologique, le fils de la sexagénaire est lourdement impacté, au point de devoir observer 30 jours d’ITT. Les soins prodigués n’ont pas permis de maintenir en vie la mère de famille, décédée peu de temps après son transport en hélicoptère.

Pas d’alcool ni de stupéfiants consommés

Les dépistages permettent d’attester qu’aucune présence d’alcool ou de stupéfiants dans l’organisme du prévenu n’aurait pu influer sur sa conduite. En revanche, la tendance de ce mécanicien à ignorer les vitesses maximales autorisées, ressort de ses quelques années d’expérience au volant. Il ne disposait plus que de deux points sur son permis de conduire au moment du drame, qui avait d’ailleurs déjà été suspendu pour excès de vitesse.

“Vous avez perdu quelqu’un de cher qui plus est, dans un accident. Votre frère, en 2017. Cela n’a pas suffi à vous faire prendre conscience que sur la route, c’est une question de vie ou de mort ?”, s’enquiert la présidente.

À ce jour, les poursuites à son égard n’ont pas conduit à l’annulation de son permis. Une aberration pour la partie civile. “Le mari de la victime l’a croisé, tout à l’heure, au volant de son véhicule. Je trouve cela choquant et déstabilisant pour la famille de croiser le prévenu en voiture lorsqu’ils vont faire leurs courses dans Clairac. Cela représente un véritable trouble à l’ordre public”, pointe maître François Rastoul, qui porte la voix de l’époux et des trois enfants de la défunte.

Annulation du permis

D’une voix basse, qui frôle bien souvent l’inaudible, le vingtenaire se doit de caractériser ses agissements. “J’ai été complètement fou de prendre une telle vitesse”, reconnaît-il. Son conseil, maître Victor Casellas, tente de combler ses réponses laconiques. “On dit qu’il ne semble pas exprimer de regrets. C’est toujours la difficulté dans ces dossiers car, pour les proches, ce qu’il s’est passé est absolument irréparable. Ce n’est pas de la folie mais de la bêtise, avec la volonté de rouler vite, mais pas la volonté de tuer quelqu’un”, exprime l’avocat.

Conformément aux réquisitions du ministère public, qui a dénoncé le comportement du mis en cause “pour son propre plaisir, la vitesse, au détriment des autres automobilistes”, le Clairacais a écopé de trois ans d’emprisonnement dont un ferme, qu’il purgera sous la forme d’une détention à domicile sous surveillance électronique.

La Mercedes de 421 chevaux, dont la cartographie du moteur avait été modifiée pour augmenter sa puissance, va lui être confisquée et son permis de conduire sera annulé, avec l’interdiction de l’obtenir de nouveau pendant trois ans.

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