La mobilisation agricole sur l’autoroute A64 prend une nouvelle tournure. La préfecture de Haute-Garonne autorise l’usage de drones pour surveiller un rassemblement, ce mardi 30 janvier.
L’État change de registre. Face à la persistance de la mobilisation agricole sur l’autoroute A64, la préfecture de la Haute-Garonne a annoncé, lundi 29 décembre, l’autorisation du recours à des drones pour encadrer un nouveau rassemblement prévu ce mardi. Une décision lourde de sens, qui marque un durcissement assumé du dispositif de surveillance autour d’un mouvement social déjà sous haute tension.
À lire aussi :
ENTRETIEN. “On ne lâchera rien” : Jérôme Bayle, figure de la mobilisation agricole, assume le bras de fer depuis le barrage de l’A64
Le préfet de région Occitanie et de la Haute-Garonne, Pierre-André Durand, justifie cette mesure par la nécessité d’”assurer la sécurisation” d’un blocage partiel de l’A64. Les forces de l’ordre pourront déployer des drones entre 8 heures et 17 heures, afin de disposer d’une vision grand angle permettant “d’identifier et prévenir rapidement les risques de troubles à l’ordre public et d’atteintes à la sécurité des personnes et des biens”, tout en limitant l’exposition des effectifs au sol. Le périmètre autorisé couvre le point de blocage et un rayon de trois kilomètres autour de la sortie 23 de l’autoroute.
Bataille de regards
Depuis le 12 décembre, les agriculteurs mobilisés contre la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) occupent l’A64 dans le sens Toulouse-Tarbes. Malgré des discussions engagées avec la préfecture, le blocus n’a pas été levé. Pire, aux yeux des syndicats agricoles, le dialogue s’est figé, laissant place à une réponse de plus en plus sécuritaire.
À lire aussi :
Colère des agriculteurs : l’A64 en cours de déblocage à Pau et Urt
Le contraste est d’autant plus saisissant que, ces derniers jours, l’autoroute s’est muée en lieu de vie. Le soir du 24 décembre, plusieurs centaines de personnes s’y sont retrouvées pour une messe de Noël, célébrée au milieu des tracteurs, des feux de camp et des tables improvisées. Un moment de fraternité, revendiqué comme tel par les “Ultras de l’A64”, loin de toute logique d’affrontement.
Au-dessus de l’A64, ce mardi, les drones dessineront leurs cercles silencieux. Sur le bitume, les agriculteurs resteront visibles, ancrés, déterminés. Entre la caméra dans le ciel et la colère au sol, c’est désormais une bataille de regards qui s’engage.

