Le crash de l’ATR 42 le 17 janvier dernier en Indonésie n’a laissé aucune chance à ses occupants. L’appareil s’est écrasé sur le flanc d’une montagne à 1 300 m d’altitude. Selon les premiers éléments, les pilotes semblaient ne pas connaître la position réelle de leur avion. Explications.
Sans surprise, il n’y a aucun survivant. Après une semaine de recherches, le dixième et dernier corps des occupants de l’ATR 42 qui s’est écrasé en Indonésie a en effet été retrouvé ce vendredi 23 janvier 2026. La zone particulièrement escarpée du crash et les mauvaises conditions météorologiques n’ont pas facilité le travail des secours qui ont dû mobiliser, en plus d’unités terrestres, des hélicoptères et des drones.
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L’ATR 42-500 appartenait à la compagnie Indonesia Air Transport mais avait été affrété par le ministère indonésien des Affaires maritimes et de la Pêche pour une mission de patrouille maritime. À son bord se trouvaient deux pilotes, deux personnels de cabine et six passagers. L’appareil avait décollé de l’aéroport de Yogyakarta et devait atterrir à Makassar. Selon les premiers éléments, l’avion immatriculé PK-THT a percuté le mont Bulusaraung à 1 300 mètres d’altitude. L’étendue des débris de la carlingue retrouvés sur zone témoigne de la violence de l’impact.
Cette montagne qui culmine à 1 500 m se trouve à une trentaine de kilomètres à vol d’oiseau au nord-est de l’aéroport de Makassar. Au moment des faits, les conditions météorologiques étaient mauvaises.
Un équipage visiblement désorienté
D’après les informations communiquées par le Bureau d’enquêtes et d’analyses français (BEA), les pilotes ont reçu l’instruction du contrôleur aérien (ATC) de se poser sur la piste 21 en passant par le point de cheminement “OPENG” à une altitude de 1 615 mètres. Ces points géographiques prédéfinis (latitude, longitude), rentrés dans les systèmes de navigation des avions, servent à les guider tout au long de leur vol. Seulement voilà, le contrôle aérien s’est rendu compte, grâce à son système de surveillance radar, que l’avion est passé à côté de ce fameux point, sans visiblement s’en rendre compte. Il lui a donc logiquement demandé de changer de trajectoire et de se diriger directement vers l’aéroport. Mais, pour une raison encore inconnue, les pilotes n’ont pas obéi.
Autre fait étrange, quelques minutes plus tard, l’équipage a demandé à pouvoir passer par un nouveau point de cheminement, alors qu’ils l’avaient déjà passé. Les contrôleurs ont alors décidé de les guider en leur indiquant un nouveau cap à suivre. “Peu après, la communication avec le PK-THT a été perdue”, indique le BEA. Il était 13 h 20 (heure locale). Ces détails semblent indiquer que, durant toute la phase d’approche, l’équipage ne connaissait pas sa position réelle. Pour quelles raisons ? L’enquête devra le déterminer.
Les deux boîtes noires de l’ATR 42, retrouvées intactes dans la queue de l’appareil, ont été remises aux enquêteurs du NTSC. Leur analyse permettra de faire toute la lumière sur l’accident.

