January 15, 2026

Épargne des Gersois : une nécessité fragile face à des taux d’intérêt en baisse et une économie incertaine

l’essentiel
Alors que l’épargne totale des Français se montait à 6 477,6 milliards d’euros fin juin 2025, celle des Gersois reflète une réalité contrastée. Alors que certains parviennent à mettre de côté, d’autres peinent à épargner. Les taux d’intérêt en baisse ajoutent à l’incertitude économique ambiante.

L’épargne des Gersois est-elle au beau fixe ? Alors que le patrimoine financier des ménages français atteignait 6 477,6 milliards d’euros fin juin 2025, selon les chiffres de la Banque de France, qu’en est-il de l’épargne dans le Gers ? Les Gascons sont-ils, eux aussi, de bons épargnants ?

À la sortie d’une banque auscitaine, Mélanie, jeune maman d’une trentaine d’années, évoque ses choix en matière d’épargne. “J’ai opté pour un Livret d’épargne populaire et un Livret A”, explique-t-elle, rencontrée ce lundi 12 janvier. Le Livret d’épargne populaire (LEP) est un produit d’épargne réglementé, réservé aux ménages aux revenus modestes et soumis à des plafonds de ressources. Il permet de placer des économies tout en préservant le pouvoir d’achat. Le Livret A, également réglementé par l’État, bénéficie quant à lui d’intérêts exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux.

Malgré sa popularité, le Livret A pèse moins lourd dans l’épargne globale des Français, avec 438,9 milliards d’euros d’encours fin novembre, selon la Caisse des Dépôts. Près de 57 millions de Français en possèdent un, pour un montant moyen de 7 482 euros par livret fin 2024. Son taux de rémunération, actuellement fixé à 1,7 %, devrait de nouveau baisser au 1er février 2026. Une perspective qui inquiète certains jeunes actifs. “Moi, je ne mettrai plus d’argent sur le Livret A. Quand on est jeune, il existe d’autres solutions d’épargne”, affirme Dorian, une vingtaine d’années, croisé après ses courses du midi.

Une capacité d’épargne partielle

Si le patrimoine des Français a augmenté de près de 50 % en dix ans, l’épargne reste pourtant inaccessible pour une partie de la population. Hélène, rencontrée elle aussi à la banque, confie ne pas pouvoir réellement mettre de côté. “J’ai un livret d’épargne, mais je ne m’y intéresse pas vraiment, parce que je n’ai tout simplement pas la capacité d’épargner”, reconnaît-elle.

Âgée de trente ans, Hélène a été arrêtée près d’un an pour raisons de santé, un bouleversement professionnel qui a fragilisé sa situation financière. “J’avais un livret jeune, qui s’est transformé automatiquement en compte d’épargne vers mes 25 ans. Mais aujourd’hui, je pense surtout qu’il faudrait arrêter de baisser les taux d’intérêt. Les gens ont déjà énormément de mal à épargner.”

Désormais rémunérée au Smic, soit 1 443,11 euros nets par mois en janvier 2026, elle parvient malgré tout à mettre de côté environ 100 euros par mois. “Tout dépend des crédits à rembourser. Quand j’épargne, je vis très simplement : pas de voyages, peu de sorties. On devrait tous pouvoir se construire une sécurité financière sans avoir à se priver de vivre ou à se ronger le sang à cause de l’argent.”

Un contexte économique important

Un peu plus loin, une salariée d’une entreprise gersoise évoque une situation plus confortable, mais non sans contraintes. “Je gagne un peu plus de 1 800 euros par mois. J’arrive à épargner, mais dès que je veux partir ou multiplier les sorties, il faut faire attention. Heureusement, je ne vis pas seule, ça aide beaucoup.”

Selon les secteurs d’activité, la capacité à épargner varie fortement. Dans le monde agricole, la situation est bien plus tendue. “Moi, je travaille dans l’agriculture et je n’épargne pas. C’est impossible. Les revenus sont trop faibles, trop aléatoires, et l’avenir est trop incertain”, confie un exploitant, amer.

Dans le Gers, selon les chiffres de Green-Got, néo-banque qui souhaite financer la transition écologique et énergétique, l’épargne moyenne annuelle serait de 4 180 €. Celle moyenne annuelle à Auch serait, elle, de 4 850 € (soit environ 172 € par mois).

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