March 2, 2026

Homicide à l’arme blanche et au 9 mm : un jeune homme devant les assises à Toulouse pour le meurtre d’un voisin sans histoire

l’essentiel
Un meurtre a secoué le quartier Bourbaki à Toulouse fin 2021. Philippe a été retrouvé sans vie, victime de multiples coups portés avec une arme blanche et d’une balle dans le crâne. Le voisin, suspect principal, a livré des versions contradictoires. Jusqu’à terminer devant la cour d’assises, son procès débute lundi.

Au cœur de l’automne, le temps est frais ce 17 novembre 2021 à Toulouse. Le thermomètre n’affiche pas plus d’une dizaine de degrés. Joël, sans nouvelles de son frère de 62 ans depuis quelques jours, se rend à son domicile de la cité Bourbaki, dans le quartier des Minimes. Dans l’appartement de la rue du Général Chanzy, il découvre le logement sens dessus dessous et Philippe gisant dans une mare de sang. Médecins et policiers constatent des plaies au crâne et à l’abdomen. Une enquête est immédiatement ouverte pour meurtre.

Tué à l’arme blanche et à l’arme à feu

Le meurtrier s’est acharné sur Philippe. L’autopsie révèle douze plaies par arme blanche, dont six au thorax, mais aussi une blessure par balle, probablement tirée “à bout touchant” à l’arrière du crâne. Les légistes ont retrouvé dans la boîte crânienne de la victime 41 plombs ainsi qu’une bourre plastique, éléments caractéristiques de cartouches de 9 mm Flobert à grenaille. Cette arme se trouvait initialement chez la victime ; manifestement, elle a été dérobée le soir du crime. Qui est l’auteur des faits ? Philippe n’avait ni dette, ni ennemi, et n’hébergeait jamais personne, précisent ses amis. Un voisin a toutefois déclaré avoir entendu, durant la nuit du 14 au 15 novembre, deux bruits sourds consécutifs évoquant la chute d’un objet lourd.

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La trace indélébile de la carte bancaire

Dès le début des investigations, l’étau se resserre autour d’un voisin, Abdul Rahman Al Mustafa, un Syrien de 28 ans arrivé à Toulouse en 2017. S’il déclare initialement ne pas connaître Philippe, un individu lui ressemblant étrangement apparaît sur la vidéosurveillance de la station-service Total le 14 novembre vers 21 h 30, utilisant la carte bancaire de la victime. Le scénario se répète au magasin Castorama le lendemain. Le 20 novembre, le suspect, sans emploi, est placé en garde à vue pour des violences aggravées sur son épouse. Lors des perquisitions, les enquêteurs saisissent une arme de poing et une feuille de boucher. L’enquête s’oriente alors vers un mobile crapuleux. Outre la carte bancaire, le suspect finit par admettre le vol d’une montre, d’une bague, de cinq armes, des clés du véhicule de Philippe et même d’un inventaire hétéroclite : un fer à repasser Rowenta, une machine à coudre, ainsi que des embouts et un support mural d’aspirateur balai.

Homicide dans un appartement du 5e étage de la cité Bourbaki.
Homicide dans un appartement du 5e étage de la cité Bourbaki.
DDM – LAURENT DARD

Un suspect aux dix versions

Les déclarations d’Abdul Rahman Al Mustafa s’avèrent changeantes. Il finit par admettre connaître “un peu” la victime, avant de soutenir avoir trouvé la carte et une arme par terre, sans en connaître le propriétaire. Quant aux bijoux, il affirme les avoir ramassés “derrière chez lui” au mois de décembre. Sa version devient ensuite plus tortueuse : il accuse quatre individus liés au trafic de drogues d’être les auteurs du crime et d’avoir exercé des pressions sur sa famille, prétendant n’avoir fouillé les lieux qu’une fois la victime déjà morte. Après avoir chargé un dénommé Ramzy, il finit par admettre qu’il s’agissait d’un mensonge. Dans une ultime variation, l’accusé plaide l’amnésie avant de se rétracter complètement, affirmant n’être jamais entré dans l’appartement. Il comparaît à partir de lundi devant la cour d’assises de Haute-Garonne pour vol avec violence ayant entraîné la mort.

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