Ce 28 août 2025, habitants et élus locaux ont manifesté contre l’inauguration du centre de traitement de déchets, Kerea, sur les hauteurs de Viviez (Aveyron).
“Le Bassin decazevillois dit non !” À Viviez, la contestation ne faiblit pas. Ce jeudi 28 août 2025, près d’une cinquantaine de personnes ont occupé le rond-point de Laubarède pour dénoncer l’ouverture du centre de traitement des déchets Kerea / Solena, inauguré le jour même.

“Nous continuerons de nous élever contre ce projet”, martèle Jean-Louis Calmettes, membre de l’Association de défense du Bassin et de ses alentours (Adeba), organisme à l’origine de la mobilisation.
Dans la foule, les slogans fusent : “Le territoire, c’est une histoire, pas un dépotoir !”, “Sydom, ComCom’ : tous des rats !” Certains habitants, excédés, rappellent simplement leur droit à “vivre sainement”.
Les élus locaux présents
La manifestation a pris une tournure politique avec la présence remarquée d’une large délégation d’élus aubinois. Tous ont décliné l’invitation du Syndicat départemental des ordures ménagères (Sydom) – le porteur du projet – pour découvrir l’usine. “Depuis mars 2020, notre municipalité alerte sur les risques considérables que fait courir ce projet aux habitants”, insiste Christine Teulier, maire de la commune.

Pour l’édile, le danger est double : “L’industrie des déchets est considérée comme l’une des plus accidentogènes. Et l’implantation d’un tel site à proximité immédiate d’usines classées Seveso seuil haut ne peut qu’alimenter l’inquiétude légitime des riverains.”
Pascal Mazet, élu decazevillois et conseiller régional, a également rejoint le cortège pour rappeler aux habitants qu’il défendrait “à la fois leur sécurité, leur santé, et l’équilibre entre impératifs écologiques et économiques.”
Un projet “obsolète, démesuré et exorbitant”, selon le député LFI Laurent Alexandre
L’usine de traitement des déchets ménagers Kéréa n’a pas non plus reçu la visite du député de la 2e circonscription Laurent Alexandre (LFI). Il a ainsi précisé sa position : “Je me suis engagé depuis mon premier mandat municipal en 2014 contre ce projet obsolète, démesuré, exorbitant pour l’ensemble des contribuables aveyronnais. Le projet Solena présente les risques d’un triple fiasco, financier, technique et judiciaire.”
Selon lui, “c’est l’ensemble des Aveyronnais qui vont payer la note via leurs redevances et taxes déchets mais aussi les surcoûts qui ne semblent pas non plus maîtrisés. Ils s’élèvent déjà à 30 millions d’euros […] C’est en effet un centre calibré pour 90 000 tonnes de déchets par an qui va être inauguré, quand l’Aveyron produit environ 50 000 tonnes en 2024. Ce volume baisse depuis plusieurs années et doit encore baisser selon les objectifs fixés par la loi.”
De plus, le député estime que “l’insécurité juridique de Solena demeure. Des recours sont toujours en cours et la récente décision de la justice administrative suspendant les travaux de l’A69 prouve que les projets d’aménagements peuvent être remis en cause, malgré le début des travaux. Ce centre ne répond pas aux nombreux sujets d’inquiétudes relatifs à la gestion des déchets en Aveyron et crée des nuisances et de nouveaux risques, notamment dans le Bassin où se situent ces sites”, déplore Laurent Alexandre.