Nouvelle journée de mobilisation pour les agriculteurs dans le Tarn-et-Garonne. Deux actions à Castelsarrasin ont bloqué l’accès à l’A62 ainsi que les va-et-vient d’une entreprise de transport de carburant.
Dès l’aube, ils ont pris position pour paralyser l’échangeur numéro 9 de l’A62. La FDSEA et les JA se sont organisés ce lundi 12 janvier pour créer un barrage devant le péage de Castelsarrasin : terre, débris et sapinette ont été amoncelés pour empêcher tout passage. Plusieurs tracteurs se sont installés sur le rond-point juste en face, route de Moissac. “On se relaie depuis ce matin” explique Francis Ambrogio, céréalier et représentant de la FDSEA. Sur place, environ six agriculteurs tiennent le blocage. Le but : rester le plus longtemps possible. “On fera des actions jusqu’à ce qu’on se fasse entendre”, assurent les manifestants. “On sait que ça gêne pour ceux qui voulaient prendre l’autoroute, mais on ne bloque pas tous les accès non plus” relativise Francis Ambrogio.
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L’action des agriculteurs ne semble pas susciter le désarroi des riverains. Au contraire, à plusieurs reprises, des voitures klaxonnent pour afficher leur soutien. “On a un boulanger qui est venu nous apporter des viennoiseries et des coques. On se sent soutenus, on sait que la plupart des gens comprennent notre combat”, constate le représentant de la FDSEA.

Une nouvelle PAC qui inquiète
“On fait ce blocage pour se faire voir. Il faut que la société ait une prise de conscience qu’on ne peut plus continuer comme ça” insiste Francis Ambrogio, céréalier. La baisse de la nouvelle PAC est un des enjeux majeurs avancés par les manifestants. En effet, les premières propositions de la Commission européenne pour la prochaine PAC prévoient, pour l’instant, une baisse des dotations d’environ 20 % pour les agriculteurs français.
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Un texte qui n’a pas encore été approuvé mais qui a fait remonter une colère de fond. “Il y a trop de lourdeurs administratives. Par exemple si on fait de la polyculture, il faut faire un dossier pour chaque spécificité. C’est complexe pour rien ! Cette semaine, on a même reçu une note pour nous annoncer qu’il y avait un ajustement sur les dossiers déposés en 2023. C’est dire la lenteur de toute cette paperasse !” s’indigne Francis Ambrogio.
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Outre les demandes d’un allègement des normes et des restrictions, la FDSEA du Tarn-et-Garonne souhaite porter la voix d’un projet pour l’Occitanie. “On essaye de s’organiser avec toutes les antennes de la région pour faire un plan Occitanie climatique qui permette d’apporter des solutions équitables à tout le monde, notamment sur la problématique de l’accès à l’eau”, rapporte le représentant syndical.
Mettre fin aux fausses promesses
À quelques mètres du péage, un autre blocage est organisé devant la société de transport Sudostrans, où une dizaine de manifestants se relaient. “On veut empêcher tous les départs de camions de carburant. On espère que ça fera réagir” déclare Rémi, agriculteur à Saint-Nazaire. Entre 75 et 80 ballotins de paille ont été installés dans la nuit devant les accès de l’entreprise. Une véritable cloison prévue pour durer.
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Les éleveurs se présentent “sans syndicat et sans représentant” et assurent ne pas avoir coordonné leurs actions avec la FDSEA et les JA. “On s’est mobilisés en 2023. On nous a fait tout un tas de promesses, notamment sur la création de lacs. Les coups de pioche étaient censés démarrer quelques mois après les mobilisations. Résultat : rien” rappelle Laurent, agriculteur lui aussi de Saint-Nazaire. “On nous fait encore des promesses, mais il y a tellement d’instabilité politique que rien ne change.”
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Le ras-le-bol a pris un autre tournant après l’approbation du Mercosur. “Il faut que le gouvernement soit honnête avec vous. On nous empêche d’utiliser des produits car c’est trop dangereux, mais on autorise la commercialisation de marchandises provenant de pays où il n’y a pas les mêmes interdictions” développe Laurent. “Soit c’est dangereux, soit ça ne l’est pas, mais il faut mettre fin à cette concurrence déloyale.” Pour les agriculteurs présents, il s’agit d’un point crucial pour l’avenir du métier. “Il faut des solutions sur le long terme.” Pour tous les manifestants, syndiqués ou non, la crainte est la même : voir toute une profession disparaître.

