January 10, 2026

Iran : le fils du chah déchu appelle les manifestants à "se préparer à prendre les centres-villes"

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Alors que les manifestations continuent en Iran, le fils du chah déchu, Reza Pahlavi, a appelé les insurgés à “se préparer à prendre” les centres-villes.

Au treizième jour d’un mouvement national d’opposition au pouvoir en place, Reza Pahlavi a exhorté ses compatriotes à “descendre dans les rues” ce samedi et ce dimanche “afin d’occuper l’espace public”. Il s’agit d’un des plus grands défis jamais connus par la République islamique, en place depuis 1979. Ces manifestations sont les plus importantes en Iran depuis la mort en 2022 de Mahsa Amini, arrêtée pour avoir enfreint le strict code vestimentaire féminin.

Le fils de l’ancien chah est une figure emblématique de l’opposition iranienne, en exil aux États-Unis. Dans son message publié sur X, il précise également que “l’objectif n’est plus seulement de manifester dans la rue” mais “prendre” les centres-villes.

Peu d’informations filtrent d’Iran ce samedi. Sur les images diffusées par l’Agence France-Presse (AFP), les foules déambulent dans les rues de Téhéran, de Tabriz (Nord), de Mashad (Est) et même autour de Kermanshah, grande ville à majorité kurde dans l’ouest du pays, explique Libération. Au total, au moins une cinquantaine de villes ont été le lieu de manifestations, dans 25 des 31 provinces du pays.

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51 manifestants tués depuis le 28 décembre

Ces mouvements simultanés ont débuté le 28 décembre dernier dans la capitale. Ils sont initialement liés au coût de la vie. Symbole de l’ampleur des manifestations, elles sont les plus importantes dans le pays depuis celles ayant suivi la mort de Masha Amini, arrêtée pour un voile jugé mal ajuste, en 2022. Vendredi, l’ONG Iran Human Rights (IHR) annonçait un bilan de 51 manifestants tués, dont neuf mineurs.

Donald Trump pris à partie

Dans ce contexte, Reza Pahlavi a demandé à Donald Trump d’intervenir “pour aider le peuple iranien”. Le principal intéressé avait déjà menacé le gouvernement iranien de “frapper très fort” dans le cas où des manifestants étaient tués. Donald Trump s’est exprimé vendredi sur la stuation en Iran : “Il me semble que le peuple est en train de prendre le contrôle de certaines villes, ce que personne n’aurait cru possible il y a encore quelques semaines”, a-t-il lancé.

De son côté, le guide suprême iranien Ali Khamenei a pris la parole à la télévision d’État, vendredi. Il a réaffirmé que son gouvernement ne « reculerait pas » face à des “saboteurs” et des “vandales”. Face à ses partisans, il a répondu au président américain en l’accusant d’avoir les mains “tachées du sang de plus d’un millier d’Iraniens”. Une accusation qui fait écho à la guerre de douze jours déclenchée par Israël en juin dernier, à laquelle les États-Unis s’étaient associés.

La coupure d’internet toujours en vigueur ce samedi

La coupure d’internet décidée jeudi par les autorités iraniennes en raison des manifestations contre le pouvoir est toujours en place, a indiqué ce samedi l’ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks. “Les données montrent que la coupure se poursuit depuis 36 heures, limitant considérablement la capacité des Iraniens à s’assurer de la sécurité de leurs amis et de leurs proches”, écrit l’organisation sur le réseau social X.

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