January 4, 2026

"Ce sera peut-être l’une des dernières guerres" : à la veille du rendez-vous avec le Premier ministre, la CR47 dans les starting-blocks

l’essentiel
Les agriculteurs de la CR47 se sont rassemblés ce dimanche autour d’une réunion d’information, confidentielle, concernant “la suite des évènements”. Notamment une action qui pourrait être menée à Paris, au terme du rendez-vous du président national de la CR avec le Premier ministre.

Dans la matinée de ce dimanche 4 janvier, près d’une centaine d’agriculteurs ont bravé les températures négatives pour assister à la réunion d’information à l’initiative de la Coordination Rurale 47, dans l’étroite salle des fêtes de la petite commune de Frégimont, à une trentaine de kilomètres d’Agen.

“L’idée était de faire un peu le point avec nos agris, sur les actions futures. Et de se coordonner tous ensemble concernant la suite des événements. Savoir notamment si nous montions à Paris, et de quelle façon”, explique José Perez, sans trop s’étendre.

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Ce rendez-vous, que le président de la CR47 a tenu à garder confidentiel, s’est donc déroulé sans que la presse ne puisse tendre l’oreille. Rien d’étonnant quand l’on sait que, concernant ses mobilisations, le syndicat agricole préfère conserver l’effet de surprise.

“Les agriculteurs du Lot-et-Garonne sont combatifs”

À la veille d’un évènement crucial – le président national de la Coordination Rurale Bertrand Venteau doit être reçu par le Premier ministre Sébastien Lecornu lundi 5 janvier – le rassemblement de ce dimanche était également l’occasion, pour José Perez, de prendre le pouls de ses confrères du département. Et notamment, dans le cas où les échanges avec le chef du gouvernement ne s’avéraient pas fructueux pour les agriculteurs.

“Ils sont résignés de tout ce qu’il se passe. On a quand même vécu le convoi de Rungis en 2024. Là, ils pensaient que l’on nous proposerait des solutions, mais rien ne s’est produit. Alors aujourd’hui, ils sont résignés, il n’y a pas d’autre mot”, souffle le quadragénaire.

Il rebondit toutefois : “Les agriculteurs du Lot-et-Garonne sont quand même combatifs. Ils sont prêts à repartir, mais ça sera peut-être l’une des dernières guerres. Il va falloir la mener jusqu’au bout et revenir avec des solutions, pour que chaque agriculteur puisse vivre décemment de son métier”, défend José Perez. Alors, un cortège d’engins agricoles s’élancera-t-il le 6 janvier depuis le Lot-et-Garonne en direction de la capitale ? Ou bien le 7 ? Affaire à suivre.

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Suspendre l’importation de produits contenant des substances interdites

Ce dimanche 4 janvier, une annonce de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, concernant le respect des normes agricoles européennes a fleuri dans les médias. Un arrêté devrait être pris dans “les jours à venir”, afin de suspendre l’importation de produits présentant des résidus de substances interdites sur notre territoire. Avocats, goyaves, pommes et autres fruits venus de l’étranger seront notamment concernés.

De quoi redonner de l’espoir aux filières agricoles françaises, qui n’ont de cesse de crier leur détresse concernant la concurrence déloyale à laquelle elles doivent faire face ? “Bien évidemment, s’ils osent le faire, c’est parfait. C’est ce que l’on demande depuis le début. Mais vont-ils le faire ? C’est la vraie question. S’ils suppriment des étals de supermarchés tous les produits contenant des substances interdites chez nous en France, vous allez voir que ces étals vont être bien vides !”, réagit le président de la Coordination Rurale en Lot-et-Garonne, dans l’attente d’actions concrètes.


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