Depuis son lancement fin 2023, le premier réseau d’investisseurs privés dédié à l’aéronautique, au spatial et au drone grandit. Aerospace Angels compte désormais une cinquantaine de membres et a investi 700 k€ dans quinze projets. Une cérémonie organisée à l’ENAC a distingué cinq start-up françaises.
Le premier réseau d’investisseurs privés spécialisé dans le financement et l’accompagnement de start-up de l’aéronautique et du spatial fête ses deux années d’existence à Toulouse. Baptisé “Aerospace Angels“, il compte aujourd’hui une cinquantaine d’investisseurs et de nombreux partenariats avec notamment le CNES, le Pôle Aerospace Valley, et Airbus. Depuis sa création, une quinzaine de projets ont été accompagnés par les membres du réseau qui ont investi 700 k€ au total.
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Pour récompenser les start-up françaises les plus prometteuses de l’aérospatial, la cérémonie “Aerospace Awards 2025” s’est tenue ce mercredi 26 novembre. Une centaine d’investisseurs, de partenaires, et de jeunes dirigeants d’entreprises se sont ainsi retrouvés dans l’amphithéâtre Bellonte de l’ENAC.
De nouveaux partenariats
Avant de remettre les prix, Jean-Michel Darroy, le président d’Aerospace Angels, s’est félicité de l’arrivée de trois nouveaux partenaires : PTC, OVH et Capgemini. Le premier, spécialisé dans les solutions logicielles pour les sociétés industrielles, offrira aux start-up du réseau un accès gratuit à ses produits pendant un an. OVH mettra à leur disposition une partie de ses 400 000 serveurs dans la limite de 100 k€ sur un an. Le troisième partenaire, spécialiste de la transformation digitale, proposera, lui, de les accompagner dans leurs choix technologiques.
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Jean-Michel Darroy a également annoncé la création, début 2026, de “Supaero Alumni Angels”. Cette antenne sera en quelque sorte une passerelle entre l’école d’ingénieurs toulousaine et le réseau Aerospace Angels… “Cela va permettre aux anciens élèves de Supaero d’investir s’ils le souhaitent dans des start-up d’Aerospace Angels et aux investisseurs d’Aerospace Angels de financer des projets portés par des diplômés de l’école, c’est gagnant-gagnant.”
Cinq start-up récompensées pour leur projet
Après cette entrée en matière, cinq prix ont été décernés à de jeunes pépites travaillant dans le spatial, l’aéronautique ou encore le domaine des drones. Le prix de l’usine du futur a ainsi été décerné à Aithra qui a développé une machine d’impression 3D sans liant ni moule. Cet outil high-tech permet notamment de fabriquer des pièces capables de résister au brouillage en utilisant de nouveaux matériaux, appelés céramiques techniques. La start-up a signé son premier contrat cette année avec la Direction générale de l’armement (DGA).

Le prix de l’environnement a, lui, été attribué à Symbiose Management qui grâce à différentes sources d’images satellitaires propose de faire un jumeau numérique d’une forêt. Cela permet d’analyser les risques liés au changement climatique et de recueillir des données précieuses pour une gestion durable et rentable des écosystèmes forestiers. Skydrone Robotics, créée en 2016 et qui n’est donc plus vraiment une start-up, a décroché le prix du drone de l’année. Cette société basée à La Rochelle a mis au point Versatyl, un drone modulaire capable d’effectuer différents types de missions en changeant simplement ses moteurs, en moins de trois minutes et sans outils. Cette spécificité lui offre une capacité de transport de charges allant de 1 à 35 kg. Son multirotor connaît un franc succès. Skydrone Robotics a réussi à lever 1,6 M€ auprès de sept investisseurs.

The Spaceflight Institute s’est, quant à lui, vu remettre le prix des vols spatiaux habités. La jeune entreprise toulousaine dispense des formations spécialisées à destination des futurs astronautes commerciaux. L’industrie spatiale connaît en effet une profonde transformation et va avoir besoin de plus en plus de professionnels formés aux vols habités. Une demande à laquelle les agences spatiales ne peuvent pas répondre. La société entend donc proposer une certification reconnue, alignée sur les standards de l’Autorité américaine de l’aviation civile (FAA). Lium, enfin, a obtenu le prix de la sécurité civile pour son ballon de surveillance captif autonome, Horus. L’aéronef est destiné à réaliser des missions de surveillance de sites industriels sensibles sur de longues durées, pendant plusieurs semaines. À 100 m de hauteur, le ballon est capable, grâce à l’IA et de multiples capteurs de détecter des incendies, des intrusions ou encore des fuites de gaz en temps réel sur une zone d’un diamètre allant jusqu’à 3 km.

Après deux années d’existence, le premier réseau d’investisseurs privés spécialisés dans l’aéronautique et le spatial s’est fait un nom. Au-delà de l’aide financière, de l’expérience et du réseau qu’il apporte aux start-up, Aerospace Angels est devenu un label qui permet d’attirer de nouveaux investisseurs avec un effet de levier bien réel.

