November 25, 2025

Réunis autour d’un ring de boxe, 500 patrons ne veulent pas jeter l’éponge face à la pression fiscale

l’essentiel
Près de 500 entrepreneurs étaient réunis ce lundi 24 novembre au Palais des sports de Toulouse pour exprimer leur ras-le-bol fiscal alors que le budget 2026 va encore alourdir taxes et prélèvements.

C’était une ambiance de combat de boxe qui régnait ce lundi 24 novembre au Palais des sports de Toulouse. Sur le ring, dans le rôle du punching-ball, Michel Bertier. Cet acteur incarnait un petit chef d’entreprise qui affrontait un vrai boxeur professionnel qui représentait l’État. Dès que le gong a retenti, les coups ont commencé à pleuvoir : uppercut dans le plexus de la trésorerie, crochet dans le crédit impôt recherche… “S’il tombe, Michel perd sa maison !” lance le commentateur du match.

"On ne jettera pas l’éponge malgré les difficultés" ont lancé les patrons.
“On ne jettera pas l’éponge malgré les difficultés” ont lancé les patrons.
DDM – Laurent Dard

Mais round après round, coups après coups, le petit patron met un genou à terre, s’essouffle puis s’écroule en KO. Alors que l’arbitre compte, les 500 entrepreneurs du public jettent leur éponge sur le ring pour “arrêter le massacre”.

Impôts et taxes hors de contrôle

Cette mise en scène a été imaginée par les syndicats patronaux (Medef Haute-Garonne, CPME 31) et par les grandes filières de l’économie de Haute-Garonne (bâtiment, métallurgie). Le but était d’imager le quotidien des chefs d’entreprise qui font face à un tombereau de taxes, de prélèvements, d’impôts et une complexité administrative “hors de contrôle”. La loi de finances 2026 dont la partie recette a été rejetée par l’Assemblée nationale a été la goutte d’eau. Les uns après les autres, des petits patrons sont venus témoigner de l’amoncellement de difficultés qu’ils affrontent pour faire tourner leurs entreprises au quotidien.

15 versions de ma PrimRenov’ en quatre ans

Benoît Richart, qui a repris en 2010 la concession Peugeot Citroën familiale à Quint Fonsegrives, pointe “la crise de trop” et d’égrener : “trop de taxes, trop de prélèvements, trop d’obligations…”. Philippe Rerat, dirigeant d’Habitat Énergie (15 salariés), subit les arrêts et redémarrages incessants de la réglementation de l’État sur les panneaux solaires, la rénovation énergétique… qui plombent sa PME. “Il faut arrêter le concours Lépine de la taxe et en finir avec l’instabilité. MaPrimeRenov’a connu 15 versions en quatre ans !” a tancé Mathieu Roudié, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB) de Haute-Garonne.

ierre-Olivier Nau (Medef), Mathieu Roudié (FFB), Didier Katzenamyer (UIMM) et Nicolas Durand (CPME) ont alerté sur le trop-plein fiscal qui menace la compétitivité et la survie des entreprises.
ierre-Olivier Nau (Medef), Mathieu Roudié (FFB), Didier Katzenamyer (UIMM) et Nicolas Durand (CPME) ont alerté sur le trop-plein fiscal qui menace la compétitivité et la survie des entreprises.
DDM – Laurent Dard

Secteur après secteur, les entrepreneurs ont partagé les écueils qu’ils doivent enjamber chaque jour. “En France, 25 restaurants ferment leurs portes tous les jours. Depuis le Covid, nos charges ont bondi de 20 % et alors que nous pensions nous appuyer sur l’apprentissage pour trouver les compétences, l’État a stoppé ses aides du jour au lendemain alors que notre secteur cherche encore 200 000 employés !” a chiffré Thomas Fantini, le président des hôteliers restaurateurs (Umih).

Le petit patron ne se paie pas

Quant à Émilie Faivre, artisan d’art qui a créé Lucyome (bougies, parfums…) à Aucamville, a dit tout haut ce qu’il se pratique depuis longtemps : “Le petit entrepreneur est le dernier maillon de la chaîne : le dernier à se payer après les salariés, les fournisseurs, les impôts… voire à ne pas se payer du tout pendant plusieurs mois !”.

“Nous ne jetterons pas l’éponge”

Face à ces témoignages à l’unisson, les présidents de branches avec Didier Katzenmayer pour la métallurgie (UIMM), Mathieu Roudié (bâtiment), Nicolas Durand et Amir Reza-Tofighi pour la CPME et Pierre-Olivier Nau, le président du Medef 31, ont demandé à en finir avec “la folie fiscale qui a créé 40 milliards d’impôts et taxes supplémentaires à l’Assemblée nationale”. “Cette mobilisation n’est qu’une étape” a prévenu Nicolas Durand. Les vœux des forces économiques en janvier 2026 promettent d’être musclés car “nous ne jetterons pas l’éponge !” a lancé Pierre-Olivier Nau.

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