Le guide suprême iranien dans un bureau de vote à Téhéran, le 10 mai 2024. YUJI YOSHIKATA / THE YOMIURI SHIMBUN VIA AFP
L’Iran a confirmé ce dimanche 1er mars la mort d’Ali Khamenei, tué dans l’opération américano-israélienne lancée samedi 28 février. Après la mort de son guide suprême, l’Iran a décrété 40 jours de deuil et a riposté par des tirs de missile contre Israël et les Etats du Golfe et prévenu que sa vengeance était un « droit et un devoir légitime ».
La mort de cette « plus haute autorité politique de la République islamique d’Iran et d’un éminent chef du chiisme dans le monde » constitue une « déclaration de guerre contre les musulmans, et en particulier contre les chiites, partout dans le monde », a affirmé le président iranien, Massoud Pezeshkian dans un communiqué diffusé par la télévision d’Etat. Les Gardiens de la Révolution, l’armée du régime, ont condamné « les actes criminels et terroristes commis par les gouvernements malfaisants des Etats-Unis et du régime sioniste ».
Dès samedi soir, le président américain Donald Trump annonçait la mort de l’ayatollah Khamenei dans un message virulent posté sur son réseau social Truth Social. « Khamenei, l’une des personnes les plus diaboliques de l’Histoire, est mort. Ce n’est que justice pour les Iraniens, mais aussi pour tous les grands Américains, et les gens de nombreux pays à travers le monde, qui ont été tués ou mutilés par Khamenei et son gang de VOYOUS assoiffés de sang », a écrit le locataire de la Maison-Blanche. Côté israélien, le ministre de la Défense, Israël Katz a estimé que « justice a été rendue ». « L’axe du mal a subi un revers cuisant […] Nous continuerons à agir avec fermeté pour protéger l’Etat d’Israël », a-t-il poursuivi.
« Avec sa mort, la République islamique a effectivement pris fin et sera bientôt renvoyée dans les poubelles de l’Histoire », s’est réjoui le fils du défunt chah d’Iran, Reza Pahlavi, qui réside aux Etats-Unis. « Aux forces armées, de sécurité, et à la police : toute tentative de soutenir un régime en train de s’effondrer est vouée à l’échec », a-t-il ajouté dans un message posté sur X.
« Moment décisif » dans l’Histoire de l’Iran
En France, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a estimé que l’Hexagone ne peut que « se satisfaire » de la mort du guide suprême iranien. « Le mollah Khamenei était un dictateur sanguinaire qui a opprimé son peuple, avili les femmes, les jeunes, les minorités, et il est encore récemment responsable de la mort de milliers de civils dans son pays et dans la région. On ne peut donc que se satisfaire de sa disparition », a-t-elle déclaré au Grand Jury RTL/M6/Le Figaro/Public Sénat.
Le secrétaire de la Défense britannique a lui aussi assuré que « peu de gens pleureront » la mort d’Ali Khamenei. « L’inquiétude désormais, bien sûr, est que ce régime riposte… de manière de plus en plus indiscriminée et étendue, et les gens craindront vraiment que ce ne soient pas seulement des cibles militaires », a-t-il poursuivi.
Pour la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Kaja Kallas, la mort d’Ali Khamenei constitue un « moment décisif » dans l’Histoire du pays. « La mort d’Ali Khamenei est un moment décisif dans l’histoire de l’Iran. Ce qui suivra est incertain. Mais il existe désormais un chemin ouvert vers un Iran différent, que son peuple pourrait avoir davantage de liberté pour façonner », a écrit Kaja Kallas sur X.
La mort du guide suprême iranien « ne sera pas pleurée », a réagi de son côté le Premier ministre australien Anthony Albanese. « L’ayatollah Ali Khamenei était responsable du programme nucléaire et balistique du régime, du soutien apporté à des groupes armés et des actes brutaux de violence et d’intimidation commis contre son propre peuple », a déclaré Anthony Albanese devant la presse.
Poutine dénonce une « violation du droit international »
A contrario, la Chine a condamné « fermement » la mort d’Ali Khamenei, y voyant une « violation grave de la souveraineté et de la sécurité de l’Iran, un piétinement des objectifs et principes de la Charte des Nations unies et des normes fondamentales des relations internationales », dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Le président russe Vladimir Poutine a dénoncé la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, qualifiant cet acte de « violation cynique » de « la morale et du droit international ». Dans une lettre adressée à son homologue iranien Massoud Pezeshkian et publiée par le Kremlin, Poutine a présenté ses « plus sincères condoléances pour l’assassinat » de Khamenei, affirmant qu’il avait été « perpétré dans une violation cynique de toutes les normes de la morale humaine et du droit international ».
Trois jours de deuil en Irak
Dans la région, l’influent chef chiite irakien Moqtada Sadr a annoncé trois jours de deuil. « C’est avec une profonde tristesse et un immense chagrin que nous adressons nos condoléances à l’ensemble du monde islamique pour le martyre du leader de la révolution islamique », a-t-il écrit sur X. A Bagdad, des manifestants ont tenté de prendre d’assaut la zone hébergeant l’ambassade des Etats-Unis, mais en ont été empêchés par la police.
Le groupe islamiste palestinien du Hamas a pour sa part condamné un « crime abominable », dans un communiqué. Les Etats-Unis et Israël portent « l’entière responsabilité de cette agression flagrante et de ce crime odieux contre la souveraineté de la République islamique d’Iran, ainsi que de ses graves répercussions sur la sécurité et la stabilité de la région », a estimé le Hamas.
Dimanche, devant une foule de fidèles place de Saint-Pierre, le pape Léon XIV a appelé à mettre fin à la « spirale de la violence » au Moyen-Orient. « Face à la possibilité d’une tragédie d’ampleur énorme, j’exhorte les parties impliquées à assumer la responsabilité morale de stopper cette spirale de la violence avant qu’elle n’entraîne une fracture irréparable », a déclaré le pape.

