Le SUV restylé de la marque italienne porte avec fierté, sans contestation aucune, le fameux biscione de la famille. Arriver à se démarquer aussi bien au cœur de la galaxie Stellantis, c’est déjà une victoire !
Vous allez nous dire que nous nous attachons à des détails, que nous livrons un combat désuet appelé a être noyé sous la poussière du passé. Mais tant pis… La plaque d’immatriculation du Tonale, qui vient de glisser en position centrale nous rend un peu tristes. Depuis la très belle 156 apparue à la fin du siècle dernier, toutes les Alfa portaient fièrement l’ « immat » sur le côté gauche de la face avant, à l’image d’ailleurs de quelques références du catalogue depuis les années 50, comme une médaille, un signe de reconnaissance. Ce « décalage » donnait, si besoin était une « différence » chère au cœur fragile et inspiré des « Alfisti ». C’est fini. Suivant aveuglément le Milano devenu Junior à l’heure de la commercialisation, le SUV très réussi, subtilement retouché, est condamné à s’identifier comme le reste du « troupeau ».






Pire, les Giulia et Stelvio qui suivront devraient eux aussi se contenter de cet « ordinaire ». Les designers transalpins ne seraient pas en cause, la modification plutôt due aux mesures du GSR 2 de notre chère Europe qui exigeant de nouvelles capacités du freinage d’urgence exigent une refonte des boucliers pour favoriser l’implantation de nouveaux capteurs et caméras.
Esthétique
Le Tonale restylé malgré cette faute de goût destinée à se répéter continue à afficher fièrement ses différences. La nouvelle face (à l’arrière où le nom de Tonale s’étale au-dessous de la signature lumineuse, c’est plus discret) s’inscrit dans la tradition esthétique de la marque milanaise.






Le bouclier, forcément redessiné affiche une prise d’air basse plus grande, rappelant celle de son petit frère Junior. Entre les feux, trois yeux pour chacun, le superbe scudetto surmonté du biscione est encadré par deux ouïes de chaque côté, un Trilobo tout neuf, joliment aéré sous le capot concave, discrètement marqué et parfaitement servi par la couleur or de notre véhicule d’essai. La finition Veloce est inscrite sur la partie droite de l’aile avant. Le profil équilibré, simplement réussi est souligné par les étriers de freins rouges offerts à travers les jantes 20’’ noires. Un tableau de maître, à l’italienne oserons-nous. Volant trois branches, pas trop chargé avec le bouton de démarrage sur la gauche, palettes géantes en alu fixées sur la colonne de direction, du meilleur effet visuel, compteurs bien ronds, commandes en bonne position sur la console centrale (avec le drapeau vert blanc rouge), sièges élégants et confortables, il fait aussi bon à l’intérieur que beau à l’extérieur.










Pas sportive mais…
Le SUV d’Alfa, bien différent des photocopies de la famille Stellantis ne peut revendiquer un statut de vrai sportif. Il est lourd pas aussi agile qu’il faudrait, mais lors d’un passage mémorable sur une spéciale oubliée de Lozère farcie de changement de directions de bosses et de descentes nous avons quand même réussi à « dialoguer » franchement avec cet animal étonnant. Sur le chemin du col du Pont sans Eau, tourmenté à souhait, invitant sans relâche à la relance, nous avons vécu une demi-heure surprenante, abandonnant en route les palettes en alu pour rendre la gestion assez bluffante des rapports à la boîte méca robotisée à double embrayage.









En mode Sport, la sonorité du moteur est touchante, bien plus présente, les suspensions (pilotées livrées en série) durcissent et on regrette juste un manque de consistance de la direction. À ce rythme élevé, la consommation de l’Ibrida augmente mais ne s’envole pas. Le comportement routier est vraiment plaisant, pour un peu on aurait repris le chemin dans l’autre sens pour éviter de retomber sur les tracés sans âme. L’esprit Alfa souffle encore de temps en temps, et c’est presque émouvant.






LA FICHE
Longueur : 4522 mm
Largeur : 1841/2082 mm
Hauteur : 1601 mm
Empattement : 2640 mm
Volume du coffre : 500/1550 litres
Nombre de portes : 5
Nombre de places : 5
Garde au sol : 175 mm
Diamètre de braquage : 11,6 m
Capacité du réservoir : 55 litres
Poids : 1525 kg
Vitesse maxi : 212 km/h
0 à 100 km/h : 8’’5
Énergie : Essence micro hybride
Motorisation : quatre cylindres en ligne 16 soupapes turbo à géométrie variable
Puissance : 175 ch/120 kW
Cylindrée : 1469 cm³
Couple : 240 Nm à 1500-3000 tr/mn
Transmission : traction
Boîte de vitesses : mécanique robotisée 7 rapports à double embrayage
Consommation mixte : 5,7 l/100 km
Rejets CO2 : 130 g/km
Puissance fiscale : 9 CV
LES +
– le dessin, les retouches à l’avant
– très Alfa malgré tout
– le tempérament du moteur
– l’obéissance de la boîte de vitesses
– presque agile !
LES –
– confort assez ferme
– la plaque d’immatriculation en position centrale
– le système d’infodivertissement un peu en retard
– bruits d’air
LE CHIFFRE
3 > Finitions > Le Tonale restylé est proposé en trois finitions, Veloce, Ti et Sprint avec, en plus une édition de lancement Sport Speciale assez alléchante. Plus tôt très bien équipée dès le premier niveau avec des matériaux de qualité et une finition satisfaisante.
LE DÉTAIL
Motorisations > Alfa conserve une belle variété de motorisation au catalogue pour son Tonale. N’oublions pas que le diesel 130 ch est toujours d’actualité et qu’il fait les yeux doux aux gros rouleurs. Les clients pas encore prêts pour aller plus loin peuvent choisir les versions mild hybrid de notre essai ou l’hybride rechargeable Q4 de 270 ch qui promet sans l’atteindre en réalité une autonomie de 81 kilomètres en tout électrique.
LE PRIX
51 500 €
LA NOTE
16/20

