À La Tour-du-Crieu, une ancienne boucherie est devenue un véritable lieu de vie. Café de spécialité, cuisine de saison, ateliers créatifs et bientôt, cours de yoga : le Café Mamicha s’est imposé en quelques mois comme un point de rendez-vous, porté par trois femmes qui ont choisi de s’ancrer en Ariège.
“Pourquoi ici ? Parce que c’est le village qui nous a accueillies”, résume Juliette Daba, 36 ans, ce jeudi 23 avril 2026. À La Tour-du-Crieu, en Ariège, l’ancienne boucherie a changé de visage. Depuis quatre mois et demi, le Café Mamicha s’y est installé. Coffee shop, brunch, repas du midi, studio d’activités : le lieu se veut multiple, pensé comme un point de rencontre pour les habitants.
Derrière les vitrines décorées, l’intérieur mêle couleurs douces et printanières, et meubles de seconde main, choisis avec soin. Rien d’ostentatoire. Une musique pop, discrète, accompagne les conversations. Le lieu est simple, accueillant, habité.

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“J’avais fait le tour : plus de quinze ans à travailler pour les autres”
L’idée vient de Juliette, installée dans le village depuis six ans. Elle travaillait à Pamiers, dans une agence d’intérim, après avoir été directrice de bijouterie dans la région toulousaine. “J’avais fait le tour : plus de quinze ans à travailler pour les autres. J’avais envie de le faire pour moi.” Le café marque une rupture nette, une reconversion assumée. Le pari est risqué, elle ne s’en cache pas. Mais partir ? Elle n’y pense pas.

Juliette n’a pas fait ce chemin seule. Tout commence par le nom. “Mamicha, c’est le surnom que je donnais à ma grand-mère quand j’étais petite. C’est chez elle que j’ai connu les premiers goûters, le temps du café. Lui rendre hommage s’est imposé comme une évidence.” Puis, au moment des travaux, elle publie une annonce. Très vite, Eugénie Canouet, 29 ans, et Marine Vinel, 32 ans, y répondent. Entre elles, l’entente est immédiate. Elles décident de mettre en commun leurs savoir-faire. Eugénie prend en charge la cuisine. Marine assure le service le week-end et proposera des cours de yoga à partir de septembre. Juliette, elle, se charge de la salle.


Ensemble, elles façonnent un lieu qui trouve peu à peu sa place dans le village. “Dès le départ, je voulais créer un lieu de vie où les gens se sentent comme à la maison, explique Juliette. Ensuite, l’idée de la restauration le midi s’est imposée, puis celle d’un studio d’activités, que des professionnels peuvent réserver à la journée pour des formations ou des réunions.” En septembre donc, les cours de yoga débuteront, voire même des séances de pilates. Déjà, des ateliers créatifs rythment la semaine : aquarelle, compositions florales, broderie.
“On privilégie des entreprises familiales, avec une démarche éthique”
Côté cuisine, le midi, des plats rapides, préparés avec des produits frais et de saison, sont proposés à partir du mercredi. Le week-end, place au brunch ariégeois, pensé comme une alternative locale. “On voulait éviter aux clients d’aller jusqu’à Toulouse pour bruncher.” La carte évolue au fil des saisons et des inspirations de la cheffe.


Et le concept semble déjà trouver son public. “Le bouche-à-oreille et les réseaux fonctionnent bien, se réjouit Juliette. Beaucoup de gens viennent de la périphérie. Ce qui plaît, c’est le fait maison. On n’est ni une chaîne, ni une franchise : on propose des recettes de famille, avec aussi des alternatives sans produits laitiers et sans gluten.”
L’établissement sert aussi du café de spécialité, torréfié à Pamiers par la Brûlerie et Compagnie, tenue par Marion Ricciardi. “On privilégie des entreprises familiales, avec une démarche éthique. C’est important pour moi d’être en accord avec leur façon de travailler.” Thés assemblés en Ariège, vins, bières et autres boissons locales complètent l’offre.
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Côté douceurs, les plus gourmands ne sont pas en reste. Les habitués plébiscitent en ce moment la tarte chocolat-cacahuètes soigneusement présentée dans la vitrine ainsi que d’autres desserts gourmands et délicats. En salé, le Mamicha Bowl, avec sa truite fumée ariégeoise, s’impose déjà comme un incontournable. Ce jeudi, le café refroidit doucement sur les tables, la musique continue en fond. Dehors, le village suit son rythme. Dedans, un autre s’est installé.

