Samedi 28 février, après avoir étrillé Montauban (68-13) et conforté leur place en tête du championnat à l’occasion de la 18e journée de Top 14, les “rouge et noir” ne sont pas ressortis totalement satisfaits de leur nouveau large succès bonifié à domicile (le 9e en 10 matchs).
La quête de la perfection, ou du moins de ce qui s’en rapproche, ne s’arrête jamais au Stade Toulousain. Alors qu’il a poursuivi face à Montauban son sans-faute à la maison (49 points sur 50), infligeant par la même occasion le plus gros carton de la saison à ses visiteurs (68-13), le club “rouge et noir”, leader incontesté du Top 14, a trouvé le moyen de partir en vacances un tantinet chagriné. “On va encore passer pour des prétentieux en n’étant pas contents”, assumait Clément Poitrenaud quelques minutes après les débats pourtant disputés sans une grosse dizaine d’internationaux.
Difficile toutefois de donner tort à l’entraîneur des trois-quarts stadistes tant la prestation de son équipe a été décousue face à la lanterne rouge tarn-et-garonnaise. Très bons en contre où ils ont fait feu de tout bois, les Toulousains l’ont été beaucoup moins dans la maîtrise et la construction de leur jeu.
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“En termes de contenu, ce n’est pas vraiment le match auquel on s’attendait. Je pense qu’on avait mieux à faire, notamment sur les 20 premières minutes”, admettait l’ancien arrière. Idem sur plus de la moitié de la seconde mi-temps où les visiteurs montalbanais avaient encore du venin à cracher pour embêter des voisins soufflant le chaud et le froid. “Ouais, il ne s’est pas passé grand-chose, reprenait Poitrenaud. Pour être honnête, on s’est un peu fait chier sur cette seconde période pour parler vulgairement.”
“On se doit de faire mieux”
Mais passé le constat d’un contenu en deçà des attendus – “notre niveau d’exigence doit être plus important que ça, et on se doit de faire mieux, notamment quand on décide de tenir le ballon”, insistait-il –, l’adjoint d’Ugo Mola trouvait forcément des motifs de satisfaction. Et éclaircissait un tableau déjà pas si noir : “C’est vrai qu’on est évidemment satisfaits des points marqués, de ce bonus encore à domicile, et de l’ensemble du comportement des joueurs sur l’ensemble des doublons.”
Avec pour conséquence une cadence infernale menée quels que soient les joueurs sur la pelouse. De quoi désormais permettre au staff d’envisager les huit dernières journées avec un peu plus de sérénité en matière de gestion, malgré un calendrier qui proposera cinq déplacements pour seulement trois réceptions.
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Alors qu’énormément de joueurs sont sollicités durant le Tournoi des VI Nations, il est déjà acquis que le choc programmé à Bordeaux au retour des congés, huit jours après France – Angleterre, se fera sans de nombreux cadres.”On doit donner des vacances à nos internationaux donc il faudra aller là-bas encore avec un groupe qui ne sera pas au complet, remanié”, prévient Poitrenaud.
Car en suivant, il faudra mener de front les phases finales de Champions Cup, avec le huitième de finale programmé le 4 avril contre Bristol, tout en assumant les affaires courantes. Avec pour objectif de ne pas se reposer sur les beaux lauriers actuels afin de conserver une place dans le top 2 bien consolidée.
“C’est quand même un équilibre qui est plutôt fragile, nuance Poitrenaud. Si vous perdez une fois à la maison, tout ça peut être un peu chamboulé.” Car si l’exigence est souvent gage de performance, la prudence est également mère de sûreté.

