April 17, 2026

Un trafic d’armes organisé au sein d’une discothèque toulousaine : les patrons, un vigile et l’ancien gérant arrêtés, des pistolets et un fusil à lunette saisis par les gendarmes

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EXCLUSIF. Un trafic d’armes à feu secoue le milieu de la nuit toulousaine. Cinq personnes liées au Nine Club ont été mises en examen, soupçonnées d’avoir écoulé des pistolets entre 2 000 et 5 000 euros pièce.

Un trafic d’armes lourdes a-t-il été organisé autour d’une discothèque toulousaine ? Le gérant du “Nine Club”, à Sesquières, son prédécesseur, le directeur de l’établissement ainsi qu’un vigile et un client ont été placés en garde à vue par la section de recherches de la gendarmerie de Toulouse. Ils ont été présentés à la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux pour une mise en examen ce jeudi. Deux d’entre eux sont incarcérés, les trois autres placés sous contrôle judiciaire.

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Cette affaire, qui ébranle le monde de la nuit, graviterait autour d’un jeune homme de 23 ans. Ce Toulousain, qui a grandi dans une cité marquée par le trafic de stupéfiants et les fusillades, a été recruté comme videur par l’ancien gérant de la boîte de nuit. Au-delà de ses fonctions de sécurité, le Haut-Garonnais s’était bâti une réputation sulfureuse sur les réseaux sociaux pour une série de vidéos inquiétantes. “Il se baladait avec une grenade devant le Nine en expliquant se tenir prêt si des clients voulaient l’affronter. S’agissait-il d’une simple mise en scène pour impressionner la galerie ou d’une menace bien réelle ?”, s’interroge un témoin. La justice a voulu savoir.

Des armes monnayées entre 2 000 et 5 000 €

Au fil des écoutes, des filatures et de l’étude du compte Snapchat de l’agent de sécurité, l’inquiétude se confirme. Le suspect détiendrait des armes de guerre et de poing qu’il écoulerait auprès de ses proches. Pour l’aider, l’homme s’appuie sur un ancien habitué du Nine, détenu mais très actif pour appâter les clients depuis sa cellule.

La clientèle compte de nombreuses personnalités, dont l’ex-gérant du Nine, mais aussi le patron actuel et son directeur d’établissement. Ces individus, interpellés mardi, étaient bel et bien en possession d’armes de poing. Selon les premiers éléments de l’enquête, les acquéreurs auraient déboursé entre 2 000 et 5 000 € par pièce sur ce marché noir. Une dizaine d’armes, de toutes tailles, auraient été cédées. En revanche, aucune grenade n’a été retrouvée lors des arrestations. Les vidéos tournées par le vigile sur Snapchat étaient-elles réalisées avec de vrais explosifs ? Difficile à dire. Les gendarmes estiment que les faits durent depuis octobre 2023.

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Un fusil à lunette

Défendus par Mes Alexandre Parra-Bruguière, Sarah Nabet-Claverie, Jacques Derieux et Michaël Malka, les suspects livrent différentes versions. Les dirigeants auraient justifié cette acquisition par une volonté de se protéger face aux menaces récurrentes. Le Nine et les établissements voisins font régulièrement face à des représailles, dont des tirs sur la porte.

Le vigile se défend pourtant d’être un marchand d’armes, affirmant avoir simplement fait l’intermédiaire entre les “armuriers” et les acheteurs. Quant à l’ancien directeur, la situation est plus complexe, puisque des calibres, notamment un fusil à lunette, et de l’argent, près de 20 000 €, ont été retrouvés à son domicile. Il affirme être un simple passionné par les armes, ce qui reste à confirmer. Conséquence directe de cette affaire : une fermeture temporaire de la discothèque est désormais à l’étude sur le plan administratif. Les mis en cause ne pourront, dans tous les cas, plus y accéder jusqu’à la fin des investigations.

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