Anne Stambach-Terrenoir, députée LFI de Haute-Garonne, a récemment alerté le préfet sur des “traitements cruels” infligés, selon elle, à des opposants à la LGV perchés dans des arbres à Saint-Jory. Le chef des opérations de gendarmerie dans le département réfute tout “mode d’action” de ce type et invoque la sécurité.
Une intervention nocturne, deux lectures radicalement opposées. À Saint-Jory, sur le site de la ZAD de la “Guinguette Vaillante”, des militants écologistes opposés à la LGV Bordeaux-Toulouse ont fait l’objet d’une opération des forces de l’ordre dans la nuit du 4 au 5 février. Selon nos informations, certains occupants ont alors été délogés. L’occupation, elle, a pris fin le 9 février, d’après les publications du collectif sur Instagram.
Dans un courrier adressé au préfet, la députée LFI de Haute-Garonne Anne Stambach-Terrenoir évoque des “traitements cruels, inhumains ou dégradants”. Selon l’élue, des agents auraient “activé leurs sirènes, crié et activé des lumières stroboscopiques” en direction des personnes perchées dans les arbres, “dans le but de les épuiser”. Elle estime que la privation volontaire de sommeil pourrait relever de l’interdiction posée par l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme. Une vidéo diffusée sur Instagram par le collectif montre, de nuit, une lumière puissante clignotante dirigée vers la canopée.
“Ce n’est pas mon mode d’action”
La gendarmerie conteste fermement ces accusations. Le colonel Stéphane Dallongeville, chef des opérations au groupement de Haute-Garonne, rappelle d’abord le cadre : l’action vise des personnes installées “sur des terrains qui ne leur appartiennent pas”, à la suite d’une plainte ou au titre d’un projet d’intérêt public. “L’action de la gendarmerie n’est pas contre des gens dans les arbres, mais contre des personnes en infraction”, insiste-t-il.

Sur l’usage de lumières “stroboscopiques”, sa réponse est catégorique : “les lumières stroboscopiques, non”. Des moyens d’éclairage peuvent être utilisés la nuit, explique-t-il, pour identifier le nombre de personnes présentes et sécuriser l’intervention. Mais “des lumières clignotantes de façon permanente n’ont aucun intérêt dans mon action”, assure-t-il.
Après visionnage de la vidéo transmise par les militants, le colonel maintient sa position. “Effectivement, ce n’est pas mon mode d’action, et jamais d’ordre en ce sens !”, affirme-t-il. Il indique qu’il va “traiter le sujet avec [ses] unités”, tout en jugeant qu’un usage de lumières “toute la nuit est matériellement peu plausible”. “Mais je suis contre”, insiste-t-il.
Même ligne sur les sirènes nocturnes évoquées par la députée : le colonel dit ne pas comprendre une telle pratique sur ce site, situé près d’habitations. Son mot d’ordre, martelé à plusieurs reprises : “sécurité, sécurité, sécurité”, pour les occupants, le public et les forces engagées.

