February 22, 2026

"Avant on roulait à 82,5 km/h, maintenant à 82,1", à Toulouse pourquoi le passage aux 80 km/h n’a rien changé ou presque, selon cette association

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Le choix du Gers de rétablir les 90 km/h sur 220 km de routes départementales, effectif depuis le 16 février, ravive une question sensible en Haute-Garonne : faut-il suivre le mouvement ?

Faut-il revenir aux 90 km/h sur les routes à double sens sans séparateur, sur les quelque 6 200 km de routes que compte la Haute-Garonne ? L’association 40 millions d’automobilistes salue “un mouvement désormais majoritaire” et appelle à une généralisation nationale.

Pierre Chasseray : “Adapter la règle au comportement réel”

Pour Pierre Chasseray, délégué général de l’association, le débat ne porte pas seulement sur la mortalité, mais sur la cohérence de la norme. Il affirme s’appuyer sur les données du ministère de l’Intérieur. “Avant la réforme de 2018, avec une limite à 90 km/h, la vitesse moyenne observée sur le réseau secondaire était de 82,5 km/h. Après le passage à 80 km/h, elle serait descendue à 82,1 km/h, soit une variation de 0,4 km/h.

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“Le comportement des conducteurs n’a pas changé”, estime-t-il. Selon lui, la limitation devrait respecter la règle dite du “85e centile”, principe international consistant à adapter la vitesse maximale au comportement de 85 % des usagers. Si la vitesse moyenne se situe autour de 82 km/h, la limitation cohérente serait donc 90 km/h.

Il avance également un argument d’acceptabilité : replacer “la majorité dans la légalité” et clarifier la différence entre vitesse maximale autorisée et vitesse conseillée. Le coût d’un changement de panneaux, assure-t-il, resterait marginal à l’échelle d’un budget départemental.

La Prévention routière vent debout

En face, Prévention routière met en garde. Sa directrice régionale, Christel Fabre, rappelle qu’au niveau national, la comparaison 2018-2019 a fait état de 349 vies épargnées après le passage aux 80 km/h, soit environ – 10 % de mortalité. En Occitanie, la baisse des tués aurait été de 8 à 12 %.

En Haute-Garonne, une diminution de la gravité des accidents a été observée. “Les départements revenus aux 90 km/h constatent une légère remontée de la gravité”, souligne-t-elle. Elle insiste aussi sur le bilan provisoire 2025 : 3 513 morts et près de 250 000 blessés en France. Dans le département, 59 personnes ont perdu la vie en 2025.

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La vitesse reste la première cause de mortalité routière. À 80 km/h, la distance d’arrêt est d’environ 57 m, contre 70 m à 90 km/h : 13 mètres qui peuvent décider de l’issue d’un choc.

La position prudente du Département

Le Conseil départemental de la Haute-Garonne ne prévoit pas de changement. Les critères fixés par l’État pour repasser aux 90 km/h sont stricts : pas de traversée de commune, peu d’accès agricoles, pas de transports en commun fréquents… Or, sur 6 200 km de réseau, seuls 100 km — soit 6 % — seraient potentiellement concernés.

Les deux tiers des routes départementales sont étroites, avec de multiples accès agricoles ou domestiques. Pour la collectivité, un relèvement aurait “très peu d’effet” sur les temps de parcours. Sa priorité affichée demeure la sécurité et la lisibilité des limitations.

Accidentologie : 2025 en hausse, 2026 mal engagée

En Haute-Garonne, l’évolution des tués sur les routes reste heurtée : 53 morts en 2020, 64 en 2021, 48 en 2022, 52 en 2023 et 2024, puis environ 59 en 2025. Après un creux en 2022 et une stabilisation autour de 50-55 décès, l’année 2025 marque un nouveau rebond. Le début 2026 confirme cette tendance préoccupante : au moins huit personnes ont déjà perdu la vie sur les routes haut-garonnaises, soit une hausse de 30 % par rapport à la même période de 2025. Au niveau national, 3 513 personnes sont décédées en 2025 (bilan provisoire), avec près de 250 000 blessés. La vitesse demeure le premier facteur de mortalité et un élément aggravant dans la plupart des accidents graves.

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