La fleuriste “Les Pensées d’Anaïs” a déménagé dans un local plus grand mais aussi chargé d’histoire à Lourdes. Il s’agit de l’ancien appartement du commissaire Jacomet, qui a interrogé Bernadette Soubirous au moment des apparitions.
Entre le numéro 3 et le numéro 11 de la rue Saint-Pierre, il n’y a que quelques pas… Mais le changement est vraiment appréciable pour Anaïs Beni-Griffon, son employée et les deux alternantes qui travaillent à ses côtés. Depuis la semaine dernière, la fleuriste bien connue du centre-ville de Lourdes a officiellement déménagé sa boutique “Les Pensées d’Anaïs” dans un nouveau local : celui de l’ancienne pharmacie du Progrès, à quelques mètres plus loin en direction de la place Marcadal.
“Ce local n’était plus exploité depuis plusieurs années, confie la fleuriste de 36 ans. Et je dois dire que, à force de passer devant, je le trouvais chouette… Après une rencontre avec le propriétaire, je l’ai visité puis j’ai décidé de le racheter pour mon activité commerciale.” Quelques mois de travaux plus tard, la commerçante a enfin pu s’installer dans son nouvel écrin, où les clients peuvent toujours retrouver ses compositions florales, fleurs séchées, plantes et autres fleurs coupées qui font sa réputation depuis près de 10 ans au sein de la cité mariale.
“On était un peu trop à l’étroit dans l’ancien local, juge Anaïs. Là, on a de la place (une trentaine de m2 supplémentaires), une belle vue sur le château fort et sur la place Peyramale. C’est top comme cadre de travail !” Un nouveau lieu où la fleuriste prévoit déjà d’organiser des ateliers collectifs, ce qui était impossible auparavant : “Chaque mois, il y aura un thème différent. Les participants vont pouvoir découvrir des techniques de travail des fleurs et repartir avec leur création.”
Un vestige de l’histoire de la cité mariale
Un local plus grand mais aussi chargé d’histoire ! Car avant d’être une pharmacie, il s’agissait de l’appartement de Dominique Jacomet, qui n’est autre que le commissaire de police de Lourdes au moment des apparitions de la Vierge Marie à Bernadette, en 1858. Souvent représenté comme le méchant de l’histoire – celui qui a essayé d’intimider et faire cesser les agissements de la jeune bergère de 14 ans – le commissaire Jacomet n’en reste pas moins une figure historique de la cité mariale.
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À l’intérieur de cet ancien appartement, un mur n’a d’ailleurs pas été refait depuis des décennies. La tapisserie a beau être déchirée, la fleuriste a fait le choix de le garder en l’état, tel un témoin du passé. Et en connaissance de cause… Car c’est dans cette pièce que le commissaire Jacomet aurait interrogé Bernadette Soubirous concernant ses visions de la Vierge à la grotte de Massabielle. “On dit qu’il y avait une cheminée ici, où Bernadette se serait réchauffée”, ajoute Anaïs.
Une curiosité historique qui n’a pas manqué, déjà, de susciter l’intérêt des Lourdais mais aussi de quelques pèlerins. “Deux sont venus acheter des fleurs pour la Grotte, raconte la fleuriste. Alors, quand je leur ai dit que Bernadette avait été interrogée ici, ils n’ont plus voulu partir ! Une autre pèlerine d’origine asiatique m’a aussi demandé de la prendre en photo devant le mur…” De petites anecdotes “marrantes” qu’Anaïs ne s’attendait sûrement pas à vivre au moment de déménager son activité.

