Ce jeudi, Vincent Roberti, le préfet du Tarn-et-Garonne, a sillonné le département afin de se rendre auprès des agriculteurs sinistrés. Ils étaient nombreux à être venus à sa rencontre afin d’échanger avec lui.
Ce jeudi, Vincent Roberti, préfet de Tarn-et-Garonne, a pris le temps de se rendre auprès d’agriculteurs dont les exploitations avaient été impactées par le passage de la tempête Nils. C’est sous une pluie battante, cette fois-ci provoquée par la tempête Pedro, que la visite a débuté. Luc Quercy, producteur de pommes et de kiwis à Montauban, a vu ses vergers en partie submergés par la crue de l’Aveyron. Si l’eau s’est désormais retirée, celle-ci a charrié de nombreux déchets et disséminé entre les arbres de nombreuses branches mortes. Un important travail de nettoyage reste désormais à faire, mais pour le cultivateur, le pire a été évité. Peu d’arbres ont été déracinés ou cassés, estime-t-il.
Entre autres, accompagné par Edwige Darracq, secrétaire générale de la préfecture de Tarn-et-Garonne, et François Duquesne, à la tête de la Direction départementale des territoires (DDT), le préfet s’est ensuite déplacé sur les terres de Philippe Julia, à Lafrançaise, qui exploite des centaines d’hectares de vergers, près du pont du Saula. Sa production de kiwis jaunes risque d’être fortement impactée par la crue du Tarn qui a inondé une partie de son exploitation. “Aujourd’hui, le risque, c’est l’asphyxie du système racinaire”, explique-t-il à ses visiteurs. Et Damien Garrigues, le président de la FDSEA 82 d’ajouter : “La production sera certainement affectée cette année, mais les dégâts se verront peut-être surtout sur l’année suivante avec un rendement nul, voire la perte entière du verger”, craint le syndicaliste.
“Il faudra faire une analyse cette année et l’année prochaine”, rétorque le préfet, qui se montre à l’écoute des doléances des agriculteurs.

De nombreux glissements de terrain
Le convoi reprend alors sa route, direction La Lomagne. Avec un nouveau stop effectué à Beaumont afin de faire constater au représentant de l’État, un glissement de terrain d’un producteur de céréales bio. “Non seulement une partie du champ est inutilisable, montre Loïc Ducasse, le nouveau président des Jeunes agriculteurs du Tarn-et-Garonne, mais le céréalier va quand même essayer de cultiver les bandes de terre exploitables. Il va se mettre en danger, car dans ces conditions, un tracteur ça peut vite basculer”, déplore le Gimatois. Et cet agriculteur n’est pas le seul impacté par les glissements de terrain. De nombreux de ses confrères ont eux aussi fait état de tels événements.
À Auterive, chez Jean-Luc et Pascal Biasotto, les producteurs de céréales et d’ail dénombraient 60 hectares inondés, dont 30 de blé déjà ensemencés, sur les 320 hectares cultivés. “On a commencé à recenser les dégâts, mais quand l’eau se sera retirée, il faudra refaire un bilan”, indique Vincent Roberti. “Le problème, ce n’est pas la crue mais le temps que cela dure”, constate l’agriculteur. Car plus les cultures restent immergées, plus le rendement sera impacté.

Déjà des prémices de solution sont abordées par les uns et les autres. Et notamment le curage des fossés et des ruisseaux. “On a peur de faire quoi que ce soit”, lance le président de la chambre d’agriculture du 82. “Je l’ai dit et écrit, rappelle le préfet, vous avez le droit tant que vous ne changez pas la trajectoire ou la profondeur naturelle du lit”. “On veut du concret, un numéro de téléphone avec un humain derrière, pas un courrier ou un site web”, lui rétorque Damien Garrigues. “On va refaire des réunions avec les maires, la DDT, les syndicats et la préfecture”, promet le représentant de l’État.

