February 18, 2026

Tempête Nils : "S’il y a des gelées tardives par-dessus le marché, ce sera catastrophique", une fraisicultrice témoigne

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La tempête Nils a sévèrement touché les cultures agricoles, mettant en péril des fruits emblématiques. Les producteurs s’inquiètent des conséquences sur les récoltes et les prix. Les forces armées pourraient être sollicitées pour aider.

Comme il fallait s’y attendre, la tempête Nils a causé bien des dégâts dans les productions agricoles. Et certains fruits emblématiques du département se retrouvent en danger.

Claudine Facci, cultivatrice de fraises à Bourran, se considère plutôt chanceuse. Dans son malheur, seules les bâches abritant ses serres se sont envolées… “Alors que certains ont perdu le gros de leurs récoltes. Moi, je m’estime privilégiée. Mes structures n’ont pas été endommagées… Ce sont simplement les bâches qui se sont envolées, tout ce que j’ai eu à faire, c’est en commander de nouvelles. Elles ne sont pas encore disponibles, je ne peux pas rentrer dans mes serres, mais les dégâts auraient pu être pires.”

Rôle primordial de la luminosité

Les premières fraises apparaissent sur les étals des marchés dès le mois d’avril. L’agricultrice essaie de se projeter sur le long terme. “Je pense que la production sera là, mais plus fragile qu’à l’ordinaire, plus sensible à la pourriture. Toute cette humidité est un gros problème. La fraise va mettre plus de temps à se développer.”

La luminosité joue un rôle primordial pour la bonne croissance du fruit. Si la météo s’améliore, avec des températures qui s’adoucissent, les fraises ont encore une chance. “Par contre, on a toujours le risque des gelées tardives, comme en avril 2021. Là, ce serait catastrophique”, reprend Claudine Facci. “Néanmoins, je veux rester optimiste, il faut croire à la hausse des températures.”

“Certains fraisiculteurs avaient déjà leurs productions en fleurs”, déclare la présidente de la chambre d’agriculture de Lot-et-Garonne, Karine Duc. “Pour les plus malchanceux, des structures métalliques sont tombées en plus des bâches arrachées. Leurs cultures sont quasiment impossibles à sauver.”

Les forces armées sollicitées

À ce titre, la priorité pour les producteurs réside dans la main-d’œuvre. “Un travail colossal attend les agriculteurs pour nettoyer, on va avoir besoin que toutes les demandes de saisonniers soient facilitées sur le plan administratif”, reprend Karine Duc. “On a aussi la possibilité de solliciter les forces armées pour reprendre dans un temps record.”

Claudine Facci se souvient que, déjà lors de la tempête de 1999, des militaires étaient venus leur prêter main-forte. “On avait demandé l’intervention de l’armée. Des militaires étaient venus nous aider à tout remettre sur pied. Dans ce genre de cas, il faut du courage. J’ai déjà traversé cette épreuve, j’ai tout remonté, mais aujourd’hui, je ne sais pas si je pourrais repasser par-là toute seule. Ça incite à rester humble. Tous les gens qui se proposeront pour nous aider seront bien accueillis.”

Une question se pose. Les intempéries auront-elles des répercussions sur le prix des fruits à la vente ? Claudine Facci se montre catégorique. “C’est la météo qui décide de l’impact sur les prix. Tout comme c’est au consommateur de décider ce qu’il achète. S’ils veulent des produits français, c’est un peu à eux de jouer le jeu… Si on prend l’exemple de l’Espagne, ils sont tout aussi impactés que nous par le mauvais temps. La commercialisation n’est pas exactement l’affaire des producteurs. Nous, on est là pour cultiver. La loi du marché veut que plus la demande est importante, plus les prix grimpent.”

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