L’enquête sur l’ancien buffet géant à volonté Saveurs Gourmandes à Albi touche à sa fin. Une confrontation entre les associés mis en examen vient d’être organisée par la juge d’instruction en charge du dossier. Si elles sont retenues, les accusations de traite d’êtres humains en bande organisée pourraient leur valoir un procès devant la cour d’assises du Tarn.
Près de deux ans après le déclenchement de l’affaire, l’enquête visant l’ancien buffet géant à volonté d’Albi, “Saveurs Gourmandes”, est entrée dans la dernière ligne droite. Selon nos informations, une confrontation entre les quatre suspects mis en examen en janvier 2025 a été organisée le 12 février dernier par la juge d’instruction Claire-Marie de Agostini.
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Tous sont soupçonnés d’avoir exploité des étrangers en situation irrégulière pour faire tourner leur restaurant albigeois. L’établissement de 450 couverts, qui avait ouvert ses portes fin 2023, a immédiatement connu un franc succès. Mais il a fait l’objet quelques mois plus tard d’un contrôle du comité opérationnel départemental antifraude. Les enquêteurs ont alors découvert l’existence d’un véritable taudis à l’étage du bâtiment, où étaient hébergés plusieurs salariés : des “chambres” de moins de 5 m2 sans fenêtres ni chauffage, matelas posés au sol, bouteilles d’urine, câbles électriques dangereux…

Vers un procès aux assises ?
Lors de ce contrôle, les agents se sont également aperçus que certains salariés étaient des étrangers en situation irrégulière, munis de faux papiers. Fin 2024, six d’entre eux ont été condamnés à Albi pour détention et usage de faux documents administratifs. La direction du restaurant, renommé L’Atlantique avant sa liquidation, avait indiqué à l’époque ne pas être au courant, condamnant “fermement ces pratiques frauduleuses”.
Les enquêteurs soupçonnent néanmoins les associés d’avoir fait appel à ces salariés en toute connaissance de cause et de s’être concertés pour les faire travailler au restaurant d’Albi, d’où la circonstance aggravante de “bande organisée” retenue à l’ouverture de l’information judiciaire. Si elle est maintenue par la juge d’instruction à l’issue de l’enquête en ce qui concerne la traite d’êtres humains, les quatre associés se verraient jugés par la cour d’assises du Tarn. À ce stade, tous restent présumés innocents.

