La réindustrialisation française prend vie à Castres avec Syselec, PME spécialisée en production de cartes électroniques et en pleine expansion.
C’est un zoom sur une entreprise castraises hautement symbolique autour du “made in France”, de la souveraineté industrielle, de l’innovation et de l’impact concret des financements européens. En visite dans la région ce mardi 17 février, le ministre délégué à l’Europe Benjamin Haddad, accompagné du député tarnais Jean Terlier, a fait étape à Castres chez Syselec, entreprise créée en 1981 et spécialisée dans la production de cartes électroniques.
« Nous sommes dans une entreprise française, ancrée localement, à la pointe de l’innovation », souligne le ministre, venu constater comment la réindustrialisation peut s’incarner dans un territoire rural. Syselec, qui produit un millier de cartes électroniques par an selon les besoins de ses clients, illustre selon lui les efforts engagés pour réduire les dépendances technologiques, notamment vis-à-vis de l’Asie. « Ici, on ne fait pas seulement de la technologie : on construit aussi de la souveraineté. »

La visite, en présence de Christophe Ramond, président du Département et Michel Bossi, président de la chambre de Commerce et d’Industrie du Tarn, a également permis de mettre en avant le rôle des fonds européens. Une ligne de production a été cofinancée par le FEDER, preuve, insiste Benjamin Haddad, que « l’Europe n’est pas une abstraction ». Il inscrit cette dynamique dans une stratégie plus large de relocalisation industrielle, citant les initiatives européennes destinées à sécuriser les chaînes de production électroniques.
Pour Jean Terlier, cette venue ministérielle envoie « un signal fort » au territoire. « Syselec est une pépite tarnaise capable de produire de la haute technologie ici, à Castres. Cela montre que le développement industriel a toute sa place dans le sud du Tarn. » Le député rappelle que l’attractivité économique passe aussi par les infrastructures, évoquant le désenclavement du territoire avec l’arrivée de l’autoroute A69, comme levier de croissance. Un atout souligné par le ministre et le chef d’entreprise pour “attirer des talents et faciliter la vie quotidienne des habitants et des salariés”. “Lorsqu’on parle d’un territoire comme le sud du Tarn, il est extrêmement important de soutenir la connectivité” affirme Benjamin Haddad.
« Produire en France, c’est être plus libre »
À la tête de l’entreprise, Fabrice Castes revendique une trajectoire de PME en expansion. Syselec, forte de 43 salariés et d’un chiffre d’affaires d’environ 11 millions d’euros, a doublé sa capacité de production en dix ans. « Les fonds européens ont été essentiels pour investir dans des équipements de pointe. Sans eux, ce serait beaucoup plus difficile pour une PME comme la nôtre », explique-t-il. Il observe depuis la crise sanitaire une volonté croissante des grands groupes de relocaliser leurs fournisseurs, offrant de nouvelles perspectives aux industriels locaux.
Tous s’accordent sur un point : la réindustrialisation dépasse la seule logique économique. Elle participe à la vitalité des territoires et à l’autonomie stratégique. « Produire en France, c’est être plus libre », résume le ministre, saluant « la passion et le savoir-faire » des équipes castraises. À Castres, Syselec apparaît ainsi comme un laboratoire concret d’une industrie européenne que les élus veulent plus souveraine, innovante et enracinée.

