La nouvelle préfète du Lot, Marilyne Poulain, a officiellement pris ses fonctions, ce lundi, lors d’une cérémonie qui s’est déroulée à Cahors. Elle a souligné l’importance de la continuité républicaine et de son engagement, tout en donnant sa vision du département qui s’articule autour de la solidarité, de l’agriculture, du patrimoine et de l’industrie.
Ce lundi en fin de matinée, la préfète nouvellement nommée a fait une brève apparition place de Gaulle à Cahors, devant un parterre de personnalités, d’officiels et d’élus locaux venus en nombre. Symboliquement et comme il est d’usage, Marilyne Poulain a déposé une gerbe devant le monument aux morts de la ville, lors de cette cérémonie officielle de prise de fonction, à l’issue de laquelle elle a pris le temps de saluer chacun, sans oublier les porte-drapeaux.

Puis, dans l’après-midi, l’ancienne préfète du Bas-Rhin, s’est rendue au Domaine de Bénéjou, à Vire-sur-Lot, pour boucler cette journée d’installation dans le département du Lot. “Être préfète, ce n’est pas seulement exercer une fonction. C’est incarner ici et maintenant, la présence de la République”, soulignait Marilyne Poulain, avant de saluer le travail de sa prédécesseure Claire Raulin et de l’ensemble des services de l’État dans le Lot. “La continuité républicaine est une force. Elle dépasse les personnes. Elle s’inscrit dans le temps long de l’intérêt général”, a-t-elle insisté.
Une famille de résistants et de déportés
Évoquant son histoire familiale, devant le parterre d’officiels, cette enfant de la Corse a jeté des ponts entre les deux territoires. Racontant son grand-père “viticulteur et résistant gaulliste”, “son grand-oncle, receveur des postes, résistant communiste, qui m’ont transmis l’histoire et l’esprit du Conseil national de la Résistance et le souvenir d’un grand préfet Jean Moulin” ou encore sa grand-mère juive allemande rescapée de la Shoah.
Des paroles qui forcément ont fait écho sur ces terres lotoises. Autre parallèle que la nouvelle préfète s’est plu à mentionner : celui de la campagne. “J’ai aussi grandi en ruralité, dans un petit hameau, un lieu éloigné des centres de décision, où l’on connaît l’isolement, le sentiment de relégation, parfois même le sentiment d’abandon. Mais c’est aussi là que l’on apprend l’entraide, là que la solidarité n’est pas un vain mot, mais une nécessité. Là, que la présence de l’État, lorsqu’elle existe, fait toute la différence”.
Professeure de lettres et d’histoire au Chili…
Sur un plan plus professionnel, Marilyne Poulain a dévoilé son parcours singulier, comme professeure de lettres et d’histoire au Chili, rappelant la fragilité de l’accès à l’éducation et à la santé dans ce pays sous dictature. Mais avant de devenir haut fonctionnaire d’État, la préfète du Lot a également embrassé des engagements syndicaux au sein de la CGT qu’elle n’a évidemment pas citée dans son discours, précisant au contraire : “Le dialogue avec toutes les organisations syndicales, les associations, les élus, les forces vives sera constant, sans exclusive”.

À l’heure d’entamer de nouvelles responsabilités, elle a mis en avant le département qui l’accueille, évoquant le Lot comme “un territoire rural, agricole, industriel et patrimonial”, cernant déjà les priorités lotoises : “une agriculture de transmission et de transition, un patrimoine levier de cohésion et de développement, une industrie enjeu majeur de l’emploi des seniors et de la transmission des compétences”.
Avant de terminer son propos par la façon dont elle souhaite incarner ses missions, à savoir “Incarner l’autorité de l’État est une responsabilité essentielle. L’autorité que je conçois est une autorité juste, ferme lorsque nécessaire, mais toujours fondée sur le droit, l’écoute et la considération.”

