Ancien pilote de ligne, Eric Thellier se bat depuis de longs mois pour installer un aérodrome destiné aux petits avions de type ULM, en dépit de l’hostilité ambiante.
La piste est déjà tracée, avec en son bout le nettoyage végétal de rigueur afin d’assurer un digne décollage. Restera, sur le côté opposé, à enterrer les lignes électriques courant le long de la route de Nohic. Les avions du futur aérodrome de Fronton pourront alors évoluer en toute sécurité. “Oui, tout est là sur ce terrain pour que notre projet aboutisse, sauf que le maire ne cesse de nous mettre des bâtons dans les roues… même si la justice lui donne tort”, souffle Eric Thellier. Il ne s’étend pas sur l’opposition de ceux du Rastel, ce hameau excentré de Fronton, où les écriteaux fleurissent à coup de “Non au bruit, non à l’aéroport”. “Des gens sans doute manipulés par le maire, qui ignorent que notre installation n’engendrera aucune nuisance pour le voisinage”, répond Eric Thellier.
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Le feu vert de la préfecture
C’est à un propriétaire du Rastel, dont la femme exploitait jadis une ferme pédagogique, que M. Thellier a acheté un terrain de plus de 8 hectares pour y développer son activité contenue dans l’objet même de son association Mouvement occitan aérien (M.O.A), à savoir faire voler des avions de type ULM. Avec, par la suite, l’ambition de créer une école de pilotage pour les passionnés d’aéronautique. “Ce que ne semble pas être le maire de Fronton au pays pourtant des avions et de la passion pour l’aéronautique”, glisse Eric Thellier, dont le projet d’aérodrome privé bénéficiera d’un arrêté préfectoral favorable en date du 9 janvier 2025. “Cela permet de créer, d’aménager et d’exploiter l’aérodrome de Fronton, dont l’emprise s’étend aux installations annexes que celui-ci peut comporter pour les besoins du trafic et le service des aéronefs”, précise le président du MOA.
Quatre procès-verbaux
Au niveau environnemental, le préfet, autorité compétente en la matière, a alors fait procéder à une visite de l’aérodrome par ses services environnementaux de la DDT, en recherche d’éventuelles espèces protégées. Le résultat de cette visite, organisée le 18 septembre 2025, aurait été négatif. Et sur le volet agricole, rien ne semblerait s’opposer non plus à l’aérodrome, Eric Thellier arguant d’un “équipement sportif… à intérêt collectif” en citant l’article 3 du PLU de Fronton.
Quatre procès-verbaux “d’infractions à l’urbanisme” supposées auront été dressés en 2025 à l’encontre des aménagements réalisés à l’initiative de l’association MOA, par agent assermenté, “se trouvant sous l’autorité hiérarchique du maire de Fronton, qui est aussi président de la Communauté de Communes” dénonce Eric Thellier.
Qui enfonce le clou : “Ces 4 PV ont un point commun : ils ignorent délibérément de viser l’arrêté préfectoral autorisant l’aérodrome, dénaturant ainsi les faits, en leur conférant une apparence d’infraction”.

