Les clubs de rugby amateur des Hautes-Pyrénées sont paralysés par des pluies incessantes. Les terrains inondés forcent les équipes à improviser, comme s’entraîner dans un hangar de matériel agricole à Castelnau-Magnoac.
Depuis plusieurs semaines la pluie tombe dru sur les Hautes-Pyrénées gorgeant toujours plus les terrains d’eau et les rendant quasi impraticables pour les entraînements et les matchs.
Confrontés à cette situation, les clubs amateurs de rugby peinent à garder un rythme de compétition comme en témoigne la dernière journée où seulement 2 matchs ont pu se dérouler chez nos Régionaux, alors qu’aux étages supérieurs la situation n’est guère plus réjouissante ; certains ne devant leur salut que sur terrain synthétique.
Le hangar des machines agricoles sert de terrain d’entraînement
En Fédérale 3 au club du Magnoac, Richard Cieutat peine à conserver les rythmes des entraînements : « La semaine qui vient de passer, on n’a pas pu s’entraîner ». Il est vrai que les terrains de Castelnau-Magnoac n’ont pas su résister aux torrents de la tempête Nils, « on a un terrain qui est complètement inondé et le second qu’on n’a pas fini d’esquinter » relate l’entraîneur du MFC.
Pas d’entraînement mais, pour autant, les Haut-Pyrénéens ont dû honorer la 16e journée programmée, le week-end dernier. Ainsi, le club magnoacais a affronté la vallée du Girou sur un des terrains annexes du stade toulousain qui présente la particularité d’être en synthétique.
Pour préparer ce match important au mieux le coach et le président ont trouvé une solution : « La veille du match on s’est entraînés dans le hangar du président, qui a un entrepôt avec les machines agricoles, on en a sorti deux et on s’est entraînés dessous. »
Une alternative qui a remis les joueurs du MFC dans le rythme mais qui n’a pas empêché leur défaite 8 à 12 également peu à l’aise sur une surface inhabituelle.
Mais l’entraîneur, s’il reconnaît des lacunes dans la préparation de ses hommes, ne se cache pas derrière des excuses : « On se perd le match tout seul malgré la semaine d’entraînement tronquée qui n’était pas du tout optimale pour préparer un match. »

Des conditions qui rendent le rugby injouable
Les clubs de Régionales sont également touchés par ces conditions dantesques.
Nicolas Bégué, entraîneur d’Ibos évoluant en Régional 2, témoigne : « Il y a trois semaines, nous avions un match dans le Gers que nous avons joué sur un terrain très gras, sous un temps qui n’était vraiment pas du tout agréable. Ensuite, derrière, on a eu deux matchs reportés ».
Pour les entraînements même constats : « Les conditions pour s’entraîner dehors ne sont pas du tout faciles et bien que nous ayons un petit carré de pelouse à côté du stade de rugby, il est aussi gorgé d’eau. »
Face à cette perte de rythme, l’entraîneur tente de pallier avec de la séance vidéo mais c’est compliqué de trouver un lieu couvert pour l’exercice physique et la mise en place tactique : « On a vraiment besoin de refouler la pelouse et de travailler notre collectif avec ce manque d’entraînement qu’on a eu pendant 15 jours. »
Face à ces enjeux météorologiques, l’entraîneur décrit le manque d’infrastructures couvertes en cas de nécessité pour les sports extérieurs : « Le problème, c’est qu’aujourd’hui dans presque toutes les communes des Hautes-Pyrénées, il existe des équipes sportives de sports intérieurs qui sont favorisées pour les salles et gymnases et c’est tout à fait compréhensible. Mais, quand on demande à côté des infrastructures couvertes, en tant que club de rugby, ce n’est pas évident d’en trouver ».

“On a joué dans 20 cm de neige”
Et les Iboscéens parlent en connaissance de cause puisque l’an dernier le club de la collégiale avait joué un match à Saint-lary sous la neige : « Ils ne pouvaient pas reporter le match et on avait joué dans plus de 20 centimètres de neige et là ça avait été vraiment très difficile ».
Dans un contexte où Ibos cherche une qualification sur les trois prochains matchs, le manque d’entraînement ne peut qu’enfoncer l’équipe dans une période de relâchement : « Ce serait bien qu’il y ait à disposition des endroits qui ne servent à rien et qu’on pourrait aménager pour les associations sportives. Même si, ce n’est pas facile » conclut Nicolas Bégué.
Une frustration collective partagée entre entraîneurs qui ne peuvent pallier les entraînements et joueurs qui sont, eux, également très demandeurs et motivés à l’idée de reprendre le rugby au plus vite.
En attendant la prochaine éclaircie.

