February 14, 2026

"Nous ne sommes pas des chiffres !" À Blagnac, les salariés du magasin Alinéa partagent leur colère et leur tristesse

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À Blagnac, comme partout en France, rassemblés devant leur magasin fermé, une partie des salariés d’Alinéa a exprimé sa colère après l’abandon d’un projet de reprise. Ils réclament des garanties de reclassement et des indemnités à la hauteur du préjudice.

“Actionnaires protégés, salariés jetés.” “Derrière vos chiffres d’affaires, il y a nos familles, nous ne sommes pas des stocks à écouler.” “Salariés en colère. Votre empire, notre sacrifice.”

Les messages brandis par les salariés de l’enseigne d’ameublement Alinéa, ce samedi matin à Blagnac, témoignaient de leur détresse et de leur inquiétude pour l’avenir.

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La moitié des cinquante salariés se sont rassemblés devant le magasin, fermé toute la matinée, pour manifester leur colère et informer les clients de la situation. “Jeudi, à 10 h 28, on a tous reçu un mail : c’était fini”, témoigne Gaétan, se disant “triste” et “énervé”. Le salarié, qui travaille au sein de l’entreprise depuis neuf ans, fait référence à la holding qui s’était portée candidate pour reprendre une partie des magasins et qui s’est finalement retirée, relançant le spectre d’une liquidation judiciaire.

Un mouvement de grève était organisé ce samedi 14 janvier entre 10 heures et 12 heures devant le magasin de Blagnac.
Un mouvement de grève était organisé ce samedi 14 janvier entre 10 heures et 12 heures devant le magasin de Blagnac.
DDM – Julie Philippe

Certaines offres évoquées porteraient uniquement sur les murs des magasins ou sur des reprises partielles d’activité.

Quel avenir pour les salariés ?

Au-delà de la colère immédiate, c’est surtout l’inquiétude pour l’avenir qui domine. “Nous ne sommes pas des chiffres ! Derrière cette situation, il y a des familles entières”, tempête Nadège, qui travaille pour l’enseigne depuis 13 ans. “Ils nous laissent tomber alors que ce sont leurs choix qui n’ont pas fonctionné. Ils n’ont pas dépensé un sou pour nous. C’était une opération financière”, ajoute Dorine, qui travaille pour Alinéa à Blagnac depuis bientôt 16 ans.

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“On ne souhaite pas travailler pour du hard-discount, ce ne sont pas les valeurs ni les conditions de travail que nous prônons. Je n’ai pas envie de faire de la mise en rayon pour des produits cheap ! “, témoigne une salariée souhaitant rester anonyme, des sanglots dans la gorge.

Les salariés préviennent que leur mobilisation pourrait se poursuivre dans les prochains jours, sous d’autres formes d’action. Les syndicats réclament notamment la garantie du reclassement des salariés au sein des autres enseignes du groupe Mulliez, ainsi qu’une indemnité de licenciement renforcée.

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