February 8, 2026

Une nouvelle vague d’arrachage de vignes attendue, environ 800 hectares concernés sur le territoire de Cahors

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Après une première vague de suppressions de parcelles l’été dernier, les viticulteurs s’apprêtent à arracher 800 hectares supplémentaires sur le territoire de Cahors. Au-delà des chiffres, les professionnels s’inquiètent de la potentielle multiplication des arrêts définitifs d’activité au sein du vignoble.

Alors qu’ils pensaient cette épreuve terminée, la réalité s’avère tout autre. À partir du mois de février, les viticulteurs du territoire de Cahors vont de nouveau pouvoir arracher des vignes. Selon les premières estimations, environ 800 hectares sont concernés par cette mesure.

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L’année dernière, 750 hectares avaient été déracinés après la fin de la première salve au mois d’août, soit environ 1 500 hectares de parcelles en moins pour le vin, sur les 4 200 que comptait la vallée. “Les conséquences sociales vont être importantes”, explique Sébastien Sigaud, président de l’Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors et Côtes du Lot. “Aujourd’hui, il nous tarde de trouver le point le plus bas pour repartir sur des plans plus positifs”.

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Les mêmes craintes que la fois passée

Absence de transmission lors du départ à la retraite, vieillissement du vignoble, surproduction de vin par rapport à la consommation, aléas climatiques, maladies… Les éléments avancés pour justifier ce dispositif sont les mêmes que la fois passée. “Le patrimoine viticole a perdu 70 % de sa valeur en très peu de temps”.

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Bien que les viticulteurs soient éligibles à des aides, cette situation demeure un véritable crève-cœur. Toutefois, les professionnels redoutent désormais une autre menace : “On a peur cette année d’avoir des arrêts d’activité totale. La première fois, il y avait eu de la résilience. Les producteurs avaient réduit la surface, mais tout le monde continuait à exploiter. Aujourd’hui, je crains qu’il y ait un phénomène d’arrêt”, confie Sébastien Sigaud.

Transformer les friches en terre agricole pour se restructurer

“Il y a une partie du territoire de Cahors qui est en friche, du côté de Douelle et Pradines notamment. Elles vont être conséquentes sur les abords des routes c’est sûr”, affirme-t-il. “Maintenant, il faut aussi voir comment le patrimoine et ce capital viticole vont muter”. Quel avenir pour ces terres agricoles ? Pour l’instant, elles doivent revenir au stade de prairies.

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Plusieurs hypothèses sont avancées par le président de l’union interprofessionnelle : l’élevage d’animaux, le maraîchage ou encore la diversification avec le vin blanc. “Il fonctionne très bien à Cahors, on a un territoire et un terroir qualitatif. Beaucoup d’appellations nous envient à ce niveau-là. Aujourd’hui on ne peut pas être mono produit, c’est indéniable”. Rares sont ceux qui ont replanté : “Quand vous arrachez un pied de vigne avant que ça fonctionne, il faut 6 ans”, indique Sébastien Sigaud. D’autres solutions sont proposées par les institutions comme les cacahuètes, les noisetiers, le bambou, les oliviers, les kiwis… Mais ces cultures demandent des formations et du temps.

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